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Le président Donald Trump a été examiné par une équipe de 22 spécialistes, un nombre inédit pour un contrôle médical présidentiel aux États-Unis.

Un rapport publié par la Maison-Blanche, dont les détails ont été relayés par le Washington Post, révèle que Donald Trump a récemment passé un examen médical impliquant 22 médecins spécialistes. Ce chiffre double celui des précédents bilans médicaux présidentiels réalisés pour Trump.
Selon le journal, ce nombre constitue également le plus important jamais enregistré pour un examen médical présidentiel unique, d’après une analyse des déclarations et archives publiques. En comparaison, l’ancien président George H. W. Bush avait été examiné en 1989 par seulement cinq spécialistes, tandis que son fils George W. Bush avait bénéficié d’un bilan impliquant 12 médecins lors de son premier examen en tant que président, douze ans plus tard.
Cette situation a suscité des interrogations parmi des médecins externes, qui doutent des informations communiquées par la Maison-Blanche sur l’état de santé de Trump, qui fêtera ses 80 ans dans quelques jours. Jonathan Reiner, cardiologue ayant travaillé longtemps avec l’ancien vice-président Dick Cheney, a qualifié ce nombre de « exceptionnel » et s’est demandé quelles spécialités étaient représentées et pourquoi un effectif aussi important.
Des responsables de la Maison-Blanche ont justifié cette mobilisation en expliquant qu’elle répondait à la nécessité d’une évaluation complète et préventive. Le médecin personnel du président, Sean Barbas, a affirmé que le bilan avait démontré que Trump jouissait d’une excellente santé.
Dans un communiqué, la Maison-Blanche a précisé que la participation de nombreux spécialistes reflétait une évaluation multidisciplinaire approfondie, conforme aux meilleures pratiques en matière de soins pour les hauts responsables. Un responsable a ajouté que des médecins affiliés aux universités de Harvard, Duke et d’autres institutions prestigieuses avaient contribué à cet examen.
Ce même responsable a indiqué que certains médecins généralistes figuraient parmi les 22 spécialistes retenus par l’administration, affirmant : « Nous n’avons rien à cacher. »
La Maison-Blanche a souvent refusé de répondre à des questions précises sur les examens médicaux de Trump, notamment sur les raisons qui l’ont conduit à subir un second contrôle au Walter Reed National Military Medical Center l’année précédente. Habituellement, les présidents effectuent un seul examen annuel, sauf en cas d’urgence.
Trois mois après cette visite, et après que Trump avait d’abord déclaré aux journalistes avoir passé une IRM, la Maison-Blanche a corrigé en indiquant que le président avait en réalité subi un scanner dans le cadre de son évaluation médicale.
Par ailleurs, les rapports médicaux récents ne mentionnent plus un médicament courant contre la chute des cheveux, le finastéride, que Trump utilisait régulièrement lors de son premier mandat. La Maison-Blanche a refusé de commenter l’usage passé de ce traitement ou son éventuelle interruption.
Cette attention portée à la santé de Trump intervient dans un contexte plus large de questionnements sur la capacité physique du président actuel et de son prédécesseur Joe Biden à exercer la fonction de commandant en chef. Biden, âgé de 82 ans à la fin de son mandat, et Trump, qui aura 80 ans le 14 juin, sont les deux plus âgés à avoir occupé la présidence.
En février 2024, Karen Jean-Pierre, alors porte-parole de Joe Biden, avait annoncé qu’une équipe de 20 médecins avait participé à l’évaluation médicale de Biden au Walter Reed la même année.
Les administrations précédentes n’avaient pas pour habitude de divulguer le nombre exact de spécialistes impliqués dans les évaluations médicales présidentielles, généralement réalisées au Walter Reed. La loi ne contraint pas les présidents à rendre publiques leurs données médicales, bien que des législateurs des deux partis aient proposé une surveillance accrue, notamment par la création d’une commission indépendante chargée d’évaluer la santé présidentielle.
Les archives publiques montrent cependant que le nombre de spécialistes participant aux examens médicaux présidentiels a considérablement augmenté. En mai 1989, cinq spécialistes avaient examiné George H. W. Bush, incluant un ophtalmologiste, un urologue, un dermatologue et deux allergologues. L’année suivante, à 65 ans, il avait été examiné par huit spécialistes, dont un radiologue, un cardiologue et un rhumatologue.
En 2001, George W. Bush avait été examiné par 12 spécialistes, selon des responsables de la Maison-Blanche de l’époque.
Durant la première année de mandat de Trump, alors que des questions sur sa condition physique se posaient, Ronnie Jackson, son médecin à l’époque et désormais membre républicain du Congrès, avait organisé une consultation avec 13 spécialistes, comme il l’a relaté dans ses mémoires.
Dans son ouvrage « Tenir la ligne », Jackson explique qu’il n’a pas réalisé l’examen seul, mais avec une équipe complète des meilleurs spécialistes de Walter Reed, couvrant notamment la dermatologie, la chirurgie orthopédique, la gastro-entérologie, l’ophtalmologie, l’urologie, la pneumologie, l’oto-rhino-laryngologie et la cardiologie.
Jackson précise que le cardiologue a examiné le cœur de Trump, tandis que le pneumologue a réalisé des tests pulmonaires, et le dermatologue a examiné sa peau.
Les rapports médicaux précédents de la Maison-Blanche indiquent que Trump avait consulté 11 spécialistes en 2019, puis 14 l’année dernière.
Un débat médical entoure la santé de Trump depuis qu’un examen dit du « vieillissement cardiaque » a été réalisé. Un responsable médical a décrit sa santé comme « étonnante » mais a souligné la nécessité pour lui de perdre du poids.



