Économie
Turquie : 131 fonds d'investissement sont liquidés, une crise qui inquiète JPMorgan pour la croissance de 2026.

Le secteur des fonds d’investissement turc traverse une zone de turbulences majeures. Sept sociétés de gestion ont procédé à la liquidation de 131 fonds, dont les actifs dépassent les 20 milliards de dollars. L’incertitude plane actuellement sur le montant exact que les investisseurs récupéreront après la vente forcée de ces portefeuilles.
Les analystes de JPMorgan ont émis un avertissement clair concernant l’impact macroéconomique de cette instabilité. Selon eux, ces perturbations constituent un risque tangible pour leur prévision de croissance du PIB turc à 3 % en 2026. Cette alerte survient alors que l’indice de la Bourse d’Istanbul a subi une forte pression en septembre, alimentée par la crainte des conséquences de ces liquidations et des ventes massives d’actifs.
L’origine de la crise réside dans l’incapacité de certains fonds à honorer les demandes de rachat des épargnants. Les données officielles indiquent que les actifs sous gestion ont fondu de 272,5 milliards de livres, soit une baisse de 21 %, pour s’établir à 992 milliards de livres au 16 septembre. Ce recul est attribuable aux retraits simultanés et à la dépréciation des parts de fonds.
Il convient de nuancer l’ampleur des pertes potentielles. La valeur des actifs concernés par la liquidation, proche de 20 milliards de dollars, ne signifie pas que les quelque 500 000 investisseurs perdront cette somme intégralement. Le résultat final dépendra des prix obtenus lors de la cession, notamment pour les actions peu liquides qui pourraient subir une décote supplémentaire en cas de vente en bloc.
L’autorité de régulation a estimé que le processus pourrait s’étaler sur six mois. Un mécanisme de remboursement partiel a été mis en place : les détenteurs de moins d’un million de livres récupèrent la totalité de leur investissement net. Pour ceux ayant engagé un million de livres ou plus, une avance de ce montant sera versée immédiatement, le solde étant déterminé après la réalisation des actifs et la distribution des produits de vente.
Cet épisode met en lumière les dangers liés à la croissance rapide de certaines structures et à la concentration excessive de leurs placements. Le fonds « TLY », géré par Terra Portfoy, illustre cette fragilité. Il avait affiché un rendement de 747 % en livres entre janvier et septembre, avant de voir ses actifs fondre sous le poids des rachats.



