Économie
En juin, l'inflation annuelle en Turquie a diminué pour la première fois depuis le début du conflit en Iran, sous l'effet d'un recul de la pression sur les prix de l'énergie.

En juin, l'inflation annuelle en Turquie a ralenti pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre en Iran, reflétant un recul de l'impact des chocs énergétiques qui pesaient sur une économie fortement dépendante des importations de pétrole et de gaz.
Les données publiées par l'Institut turc de statistique indiquent que l'indice des prix à la consommation a progressé de 32,11 % en glissement annuel en juin, contre 32,61 % en mai. Sur un mois, l'inflation a ralenti à 0,99 %, après une hausse mensuelle de 1,71 % en mai.
Cette lecture de juin intervient après deux mois consécutifs d'accélération de l'inflation, période durant laquelle la Turquie a subi une hausse des coûts énergétiques liée à la fermeture effective du détroit d'Ormuz pendant le conflit.
L'Agence internationale de l'énergie souligne que la dépendance de la Turquie au gaz naturel a augmenté parallèlement à celle aux importations de pétrole et de gaz, exposant davantage son économie aux fluctuations des prix mondiaux de l'énergie.
Selon l'Administration américaine d'information sur l'énergie, la Turquie importe quasiment la totalité de ses besoins en pétrole et liquides pétroliers, la production locale couvrant moins de 9 % de la demande en 2022. Historiquement, le pays dépend aussi des importations de gaz naturel pour satisfaire sa consommation intérieure.
Dans son deuxième rapport sur l'inflation pour 2026, la Banque centrale turque a établi un lien entre la guerre dans la région et la hausse des prix de l'énergie et du transport. Elle a indiqué que la fermeture potentielle du détroit d'Ormuz constitue un risque pour l'approvisionnement énergétique mondial, et que les prix du pétrole et du gaz naturel sont restés nettement supérieurs aux niveaux d'avant-guerre malgré un léger recul.
Le gouverneur de la Banque centrale, Fatih Karahan, a expliqué lors de la présentation du rapport d'inflation en mai que les tensions au Moyen-Orient, survenues fin février 2026, ont provoqué des chocs d'offre négatifs qui ont joué un rôle majeur dans la trajectoire récente de l'inflation. Il a précisé que l'inflation énergétique annuelle avait augmenté de 19 points de pourcentage, atteignant 47 % en deux mois en raison des prix du pétrole et du gaz naturel.
Entre prudence et pressions
Ce ralentissement de l'inflation survient alors que les décideurs monétaires font face à des pressions de la part des entreprises et des banques pour assouplir la politique monétaire rigoureuse, après avoir maintenu des taux d'intérêt élevés pendant une longue période malgré un ralentissement du rythme de baisse de l'inflation.
Lors de sa dernière réunion de politique monétaire le 11 juin, la Banque centrale turque a maintenu le taux de rachat à une semaine à 37 %, le taux de prêt au jour le jour à 40 % et le taux d'emprunt au jour le jour à 35,5 %.
Elle a indiqué que la tendance principale de l'inflation, qui avait partiellement augmenté en avril en raison des prix de l'énergie, avait légèrement diminué en mai. Toutefois, elle a souligné que les prix de l'énergie restaient volatils et élevés en raison des développements géopolitiques.
En mai, la Banque centrale avait relevé sa prévision d'inflation à la fin de 2026 à 26 %, contre 15 % à la fin de 2027 et 9 % à la fin de 2028, confirmant que la politique monétaire restrictive se poursuivrait jusqu'à la stabilisation des prix.
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