Économie
Les États-Unis libèrent 53,3 millions de barils de brut de leur réserve stratégique pour contrer la flambée des prix de l'essence liée à la guerre en Iran.

Les États-Unis ont mis sur le marché une nouvelle tranche massive de leur réserve stratégique de pétrole. Des contrats de vente portant sur 53,3 millions de barils de brut ont été attribués à de grandes entreprises, dont le géant du négoce Trafigura Group et la raffinerie américaine Marathon Petroleum, a annoncé le département de l'Énergie lundi.
Cette opération s'inscrit dans un effort gouvernemental sans précédent visant à injecter du pétrole brut sur le marché pour freiner la hausse des prix de l'essence, provoquée par la guerre en Iran, et ce avant la saison estivale, période de pointe de la demande de carburant due aux déplacements routiers, selon Bloomberg.
Trafigura a obtenu la plus grosse part, environ 13 millions de barils, suivie par Marathon et Exxon Mobil, a précisé le département de l'Énergie.
Le prix moyen du gallon d'essence ordinaire aux États-Unis a bondi depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l'Iran en février, dépassant pour la première fois depuis juillet 2022 la barre des 4,50 dollars le gallon.
Dans un geste notable, le président Donald Trump a annoncé lundi qu'il cherchait à suspendre la taxe fédérale sur l'essence, qui s'élève à 18,4 cents par gallon, « jusqu'à ce que le moment soit opportun ». Cette mesure pourrait coûter des milliards de dollars par mois au Trésor américain, selon des analystes budgétaires indépendants.
Les quantités de pétrole doivent être livrées entre juin et août, coïncidant avec le pic de consommation d'essence aux États-Unis. Ces volumes font partie de la deuxième plus grande vente de l'histoire de la réserve stratégique et s'inscrivent dans un effort international mené par l'Agence internationale de l'énergie pour faire baisser les prix mondiaux du pétrole.
Rien que la semaine dernière, les États-Unis ont libéré un record de 1,22 million de barils par jour. L'administration Trump s'est engagée à libérer 172 millions de barils dans le cadre du programme « d'échange », qui consiste à prêter du pétrole aux entreprises, à charge pour elles de le restituer ultérieurement en quantité équivalente.
Jusqu'à présent, le lancement de 133,1 millions de barils a été approuvé. On ne sait pas encore si le département de l'Énergie lancera une nouvelle série d'appels d'offres pour atteindre l'objectif total.
Fait intéressant, selon Bloomberg, une partie de ce pétrole ne restera pas aux États-Unis : des volumes seront exportés vers l'Europe et l'Amérique du Sud.



