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Algérie et France relancent leur coopération sur migration et drogue après deux ans de tensions

Après plus de deux ans de tensions diplomatiques, Alger et Paris ont convenu de relancer leur collaboration sur l’immigration, la lutte contre les drogues de synthèse et la révision d’un accord historique.

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Algérie et France relancent leur coopération sur migration et drogue après deux ans de tensions
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Après plus de deux ans de tensions diplomatiques, une série de réunions de 48 heures entre l’Algérie et la France a permis de progresser sur plusieurs dossiers sensibles, notamment l’immigration, la lutte contre les réseaux de drogue de synthèse et la révision d’un traité vieux de 58 ans, source de nombreuses tensions entre les deux pays.

Le 2 mai, une rencontre à Paris entre les ministres de l’Intérieur français et algérien, Laurent Nuñez et Saïd Sadioud, a permis de « reprendre les discussions » et de « reconstruire des relations réelles », selon le ministère français de l’Intérieur.

Sur la question migratoire, un communiqué ministériel a fait état de « discussions franches et pragmatiques » qui ont confirmé la reprise d’une coopération sincère visant à accélérer les retours des migrants. Laurent Nuñez a annoncé en mai la reprise des expulsions des Algériens en situation irrégulière vers leur pays.

Le ministre français a précisé que l’Algérie avait délivré environ 140 laissez-passer consulaires, documents nécessaires pour le retour des ressortissants algériens. Toutefois, les autorités n’ont pas détaillé la mise en œuvre des obligations de quitter le territoire français pour les Algériens en situation irrégulière.

Ce dossier constitue un enjeu central dans les relations franco-algériennes. Après plusieurs mois d’interruption, la coopération a nettement progressé depuis la visite de Laurent Nuñez à Alger. Le renouvellement des laissez-passer consulaires, indispensables pour les expulsions en l’absence de passeport, a repris.

Selon une source politique proche du dossier, les rendez-vous dans les consulats et les visites des services consulaires algériens dans les centres de rétention administrative ont repris depuis fin mars. Ces visites visent à examiner les dossiers et à vérifier l’identité des personnes concernées par les procédures d’expulsion.

Une légère augmentation des expulsions a été constatée, mais elle reste encore loin des objectifs français pour 2024.

En 2025, près de 5 000 Algériens ont été arrêtés, représentant plus de 30 % de l’ensemble des retenus. Ils constituent le groupe le plus important en centres de rétention, mais seulement 6 % d’entre eux, soit 264 personnes, ont effectivement été expulsés, selon des sources françaises.

Les associations intervenant dans ces centres ont communiqué d’autres chiffres : sur 322 Algériens détenus au centre de Vincennes, seuls 19 ont été expulsés, la majorité étant en possession de leur passeport. À Toulouse, 501 Algériens ont été retenus en 2025, mais seulement 20 ont été renvoyés dans leur pays.

En comparaison, en 2024, 25 % des Algériens en centres de rétention ont été expulsés, soit 1 124 personnes, un chiffre plus de quatre fois supérieur aux prévisions pour 2025.

Quelques médias algériens rapportent que l’Algérie a récemment délivré 179 laissez-passer consulaires, s’étonnant que l’administration française n’en ait utilisé que 90.

Le ministère français de l’Intérieur a également indiqué que la lutte contre le trafic de drogues de synthèse et autres stupéfiants, ainsi que la recherche des fugitifs impliqués dans la criminalité organisée, figurent parmi les « priorités » des deux pays.

Les discussions ont aussi abordé la révision de l’accord franco-algérien de 1968. Les parties ont décidé de travailler sur des propositions concrètes, initiées par la France, pour le faire évoluer.

La France réclame la révision de cet accord depuis 2024. En novembre 2025, le Parlement français a adopté une résolution, proposée par le Rassemblement national, visant à condamner ce traité. En réponse, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a déclaré qu’il s’agissait d’une affaire « purement française ».

Après plusieurs mois de tensions, la visite de Laurent Nuñez en Algérie a marqué la reprise des relations entre Paris et son ancienne colonie indépendante depuis 1962. La crise avait éclaté à l’été 2024, à la suite du soutien français à un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour la région contestée du Sahara occidental.

Avant le déplacement de Saïd Sadioud en France, au moins trois membres du gouvernement français ont séjourné en Algérie ces derniers mois, relançant les contacts de haut niveau. Après la visite de Laurent Nuñez en février 2026, ont suivi en mai 2026 les déplacements d’Alice Roque, ministre déléguée aux Forces armées, et de Gérald Darmanin, ministre de la Justice.

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