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Argentine : manifestations massives contre le projet de loi sur la propriété privée

Des heurts ont éclaté jeudi à Buenos Aires entre des milliers de manifestants opposés au projet de loi sur la propriété privée et les forces de l’ordre, malgré des concessions gouvernementales.

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Des affrontements ont opposé jeudi les forces de police argentines à des milliers de manifestants rassemblés devant le Sénat pour dénoncer un projet de loi controversé sur la propriété privée. Les protestataires, défiant des conditions météorologiques orageuses, se sont rassemblés sur la place du Congrès.

Les tensions se sont intensifiées en fin de manifestation. Selon l’agence France Presse, des manifestants ont lancé des pierres et d’autres projectiles contre les policiers, qui ont riposté avec du gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc et des canons à eau.

Bien que le gouvernement du président libéral Javier Milei ait retiré un article du texte visant à faciliter l’acquisition de terres par des étrangers en Argentine, les mouvements de gauche et les syndicats qui ont mobilisé la foule n’ont pas jugé ces concessions suffisantes.

Un correspondant de l’agence France Presse a observé des manifestants brandissant des drapeaux argentins et des banderoles portant la mention « La patrie n’est pas à vendre ».

Le projet de loi intitulé « Loi sur l’inaliénabilité de la propriété privée », actuellement examiné par le Congrès argentin, vise à réformer le régime foncier national. Il prévoit notamment la simplification des procédures de transfert de propriété, une modification des conditions d’usage des terres rurales et une restriction accrue des possibilités pour l’État d’exproprier des biens privés.

L’exécutif entend ainsi créer un cadre juridique incitatif pour les investisseurs étrangers et nationaux.

L’opposition et plusieurs organisations environnementales rejettent fermement le texte. Elles mettent en garde contre des risques de « colonisation, de partition, de déconstruction et de balkanisation du territoire national ».

En raison de sa faible représentation au Sénat — seulement 20 sièges sur 72 — la coalition menée par Javier Milei a supprimé l’article relatif aux achats fonciers par des non-résidents. Ce dispositif aurait porté de 15 % à 25 % la proportion maximale de terres pouvant être détenues par des étrangers.

Un rapport publié en 2025 par l’université de Buenos Aires et d’autres chercheurs indique que près de 5 % du territoire argentin — une superficie équivalente à celle de l’Angleterre — est déjà détenu par des propriétaires étrangers.

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