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Après l’effondrement d’un accord de cessez-le-feu entre des groupes armés et deux gouvernats nigérians, et le retrait partiel des forces américaines, Boko Haram a intensifié ses attaques contre les militaires et multiplié les enlèvements dans le nord-est du Nigeria.

Depuis dix-sept ans, le groupe armé Boko Haram inflige des dégâts considérables aux communautés du nord-est du Nigeria. Bien que l’intensité de ses attaques ait diminué ces derniers mois, le groupe a repris ses opérations visant les soldats et les enlèvements, dans un contexte marqué par la rupture d’un accord de cessez-le-feu avec les gouvernements de deux États et le retrait progressif des troupes américaines.
Des sources locales ont indiqué dimanche à des médias nigérians qu’environ dix militaires avaient été tués lors d’une attaque menée par Boko Haram à proximité de Ngwagwimi, une localité située dans la zone du lac Tchad, partagée entre le Nigeria, le Cameroun et le Tchad, où plusieurs camps du groupe sont implantés.
Des témoins oculaires ont relaté l’attaque sur les réseaux sociaux, affirmant que dix soldats avaient péri, ainsi que quatre membres de la Garde nationale.
L’Agence nationale nigériane de presse n’a pas publié de bilan officiel des victimes, mais a confirmé qu’il y avait eu des morts « à la suite d’une attaque perpétrée par des éléments de Boko Haram aux abords de Ngwagwimi ».
Le président nigérian Bola Tinubu a tenu des propos fermes, imputant la détérioration de la sécurité dans son pays aux crises persistantes dans la région du Sahel, notamment au Burkina Faso, au Niger et au Mali.
Il a précisé que les extrémistes responsables d’un enlèvement d’enfants et d’enseignants avaient exigé de la gouvernance fédérale la libération de leurs membres détenus.
Le nord-est du Nigeria est secoué par une insurrection armée depuis 2009, initialement menée par Boko Haram, puis par son ancien bras dissident, l’État islamique en Afrique de l’Ouest.
Des documents officiels divulgués par la Direction nigériane de la sécurité d’État et relayés par le site « The Cable » révèlent que l’accord de cessez-le-feu entre les extrémistes et les autorités de deux États s’est effondré, alimentant les récentes actions armées. Ces documents alertent également sur des attaques planifiées par Boko Haram à Michika, dans l’État d’Adamawa, et à Askira-Uba, dans l’État de Borno.
La note indique que les extrémistes projettent d’enlever des hauts fonctionnaires gouvernementaux, des conseillers locaux, des chefs de district, des pasteurs et des habitants des communautés touchées.
L’hypothèse d’un lien direct entre ces attaques présumées et la rupture du cessez-le-feu avec les deux États figure parmi les allégations les plus saillantes du document fuité, bien qu’elle n’ait pas fait l’objet d’une confirmation indépendante de la part des autorités.
D’autres documents récents affirment que certains suspects impliqués dans la tentative de coup d’État avortée de 2025 auraient évoqué la mobilisation d’anciens combattants de Boko Haram et de membres de la Force conjointe civile pour renforcer leurs opérations ciblées.
L’escalade des attaques meurtrières et des enlèvements ces derniers mois a conduit le président nigérian à déclarer l’état d’urgence sécuritaire national en 2025, et a poussé l’ancien président américain Donald Trump à ordonner une intervention militaire.
Trump a qualifié les chrétiens du Nigeria de victimes d’une « extermination » perpétrée par des extrémistes — une affirmation catégoriquement rejetée par Abuja et par la grande majorité des experts, qui soulignent que la violence frappe indifféremment chrétiens et musulmans.
En mai, des frappes aériennes conjointes menées par les forces américaines et nigérianes dans la région du lac Tchad, au nord-est du pays, ont fait près de deux cents morts parmi les combattants de l’État islamique, dont le deuxième dirigeant du groupe.
Mais début juillet, le commandant de l’U.S. Africa Command (AFRICOM) a annoncé que les États-Unis avaient réduit leur présence militaire au Nigeria, retirant une grande partie des deux cents soldats déployés dans le cadre d’une opération spéciale contre l’insurrection dans le nord-est. La coopération se limite désormais à l’échange d’informations et au soutien logistique nécessaire à l’exécution de ces missions complexes.
Ce retrait américain a creusé un vide sécuritaire sans mettre fin aux vagues d’enlèvements antérieures. Le 23 juillet, des proches des otages et d’autres habitants concernés se sont rassemblés au centre de presse de l’Union des journalistes nigérians pour commémorer le centième jour depuis l’enlèvement et réaffirmer leurs demandes de libération.
Les inquiétudes grandissent aussi autour du sort de 78 enfants scolarisés enlevés lors de raids distincts à Askira-Uba. Quarante-deux élèves ont été capturés lors de l’attaque de mai contre l’école primaire et secondaire Moussa.
Le 29 juin, des assaillants non identifiés ont pris d’assaut l’école secondaire gouvernementale de jour et enlevé 36 élèves et un enseignant.
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