Monde
Colombie : remise de "l'Araignée" aux États-Unis
La Colombie a extradé Giovanni Andrés Rojas, chef dissident des FARC, vers les États-Unis pour trafic de drogue, marquant un tournant sécuritaire sous la présidence d'Abelardo de la Espriella.

Giovanni Andrés Rojas, surnommé « l'Araignée », a été remis par les autorités colombiennes à leurs homologues américaines. Ce dirigeant du groupe armé « Commando Frontière », issu de la scission des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), fait face à des accusations fédérales liées au narcotrafic et à la conspiration criminelle. Cette opération constitue le premier cas d'extradition de ce type depuis l'entrée en fonction du président Abelardo de la Espriella en août dernier.
Le transfert s'est déroulé dans une base aérienne militaire située près de Barranquilla. Rojas y a été conduit depuis la prison La Picota de Bogota, où il était détenu, sous haute surveillance. Les médias locaux précisent que le suspect est recherché par Washington pour des activités présumées menées tant sur le territoire colombien qu'en Équateur.
Avant son arrestation, Rojas occupait une position centrale au sein du Commando Frontière, une faction active dans le sud de la Colombie. Il avait également dirigé la délégation de négociateurs de ce groupe lors des pourparlers de paix engagés avec le gouvernement précédent, alors présidé par Gustavo Petro.
Lors de la cérémonie officielle de remise, Abelardo de la Espriella a affirmé sa volonté d'empêcher que la Colombie devienne un refuge pour les individus recherchés par la justice internationale. Le chef de l'État a indiqué avoir signé 94 décrets d'extradition vers d'autres pays depuis le début de son mandat.
Rojas avait été interpellé en février 2025 dans un hôtel de la capitale colombienne, après avoir été visé par une notice rouge d'Interpol. L'exécution de son extradition était restée suspendue durant sa participation aux discussions de paix initiées par l'administration Petro avec divers groupes armés.
En août, le président de la Espriella a ordonné la reprise des procédures d'extradition concernant Rojas ainsi que quatre autres membres de factions armées impliqués dans les précédentes négociations. Ces transferts avaient été gelés pendant la durée des pourparlers.
Cette décision illustre le changement de doctrine de l'exécutif colombien envers les organisations criminelles. La nouvelle administration a annoncé la fin des dialogues avec plusieurs factions, notamment les dissidents des FARC, et a retiré leur statut de négociateurs officiels. Alors que la politique de « Paix totale » de Gustavo Petro cherchait à inclure l'Armée de libération nationale (ELN) et d'autres groupes pour mettre fin au conflit, l'équipe actuelle privilégie la poursuite judiciaire et sécuritaire.
Les autorités affirment que ces structures financent leurs opérations via le trafic de cocaïne, l'exploitation minière illégale et le racket.
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