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Un corridor américain transforme le flux pétrolier dans le détroit d’Ormuz. La surprise réside dans les chiffres
L'ouverture d'un corridor maritime protégé par les États-Unis dans le détroit d'Ormuz a considérablement augmenté les flux pétroliers, mais ils restent à environ la moitié des niveaux pré-guerre selon une analyse de l'AFP. Les chiffres révèlent une divergence entre les déclarations américaines et les données réelles.

La création d’un corridor maritime assuré par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz a considérablement augmenté les flux pétroliers à travers ce passage stratégique, mais le volume des cargaisons reste à environ la moitié de son niveau avant la guerre, selon une analyse réalisée par l’Agence France-Presse sur des données spécialisées.
Le président américain Donald Trump avait annoncé mi-août que « des quantités énormes de pétrole » étaient transportées à travers le détroit, mais les données des entreprises de suivi des navires « Kepler » et « Lloyd’s List Intelligence » montrent que les flux sont encore bien inférieurs aux niveaux d’avant-guerre.
Une forte augmentation des flux pétroliers
Des responsables de la Maison Blanche ont indiqué au site Axios que les États-Unis contrôlent depuis mi-juin ce corridor côtier omanais, après la signature d’un accord avec l’Iran.
L’armée américaine escorte désormais des convois de navires depuis le 8 juillet, alors qu’Iran menace à nouveau d’attaquer les bateaux utilisant cette route.
Selon une analyse de l’AFP fondée sur les critères de « Lloyd’s », environ 330 millions de barils de pétrole ont quitté le détroit depuis le 8 juillet à bord de navires non liés à l’Iran, soit environ 4,9 millions de barils par jour.
Mais les flux ont augmenté régulièrement en août et septembre, atteignant une moyenne d’environ 8 millions de barils par jour durant les sept premiers jours de septembre.
Le 7 septembre seul, plus de 14 millions de barils ont quitté le détroit.
En comparaison, environ 18 millions de barils par jour traversaient le détroit en temps de paix, contre 1,4 million pendant la première phase du conflit, lorsque les restrictions ont été imposées pour la première fois, et 9,4 millions pendant les négociations où les sanctions ont été levées.
« Lloyd’s » définit comme non lié à l’Iran tout trajet d’un navire qui ne se dirige pas vers un port iranien ni n’en part, qui n’est ni détenu par l’Iran ni porte son drapeau, et qui n’est pas soumis aux sanctions ou membre de la « flotte fantôme ».
L’analyse de l’AFP a également exclu les navires ayant emprunté le passage iranien pour sortir du détroit d’Ormuz.
Restrictions sur les données
Face à la menace iranienne visant les navires qui n’utilisent pas les itinéraires approuvés par Téhéran, les bateaux éteignent souvent leurs dispositifs d’identification de position lorsqu’ils empruntent le corridor assuré par les États-Unis, rendant leur suivi direct difficile.
« Lloyd’s » a informé l’AFP d’un « écart d’erreur » dans les opérations de surveillance, tandis que « Kepler » a indiqué disposer d’une « confiance relativement élevée dans le total des flux », mais sans possibilité de suivre chaque passage en temps réel.
Les déclarations américaines correspondent-elles aux chiffres ?
L’administration américaine affirme que la moyenne mobile des flux atteint environ neuf millions de barils par jour, soit près d’un million de barils de plus que le plus haut moyen hebdomadaire observé par les entreprises de suivi.
Cette différence équivaut à la charge d’un pétrolier brut géant tous les deux jours.
Le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, a déclaré que contrairement aux entreprises de suivi, « nous connaissons chaque navire et sa cargaison dans ces convois que nous convoyons ».
Le gouvernement américain a également confirmé le passage de près de 18 millions de barils en une période de 24 heures, un chiffre qui ne peut être exclu, notamment si un grand nombre de navires ont traversé en un laps de temps court.
Mais les données ne soutiennent pas l’annonce de Trump dans un graphique publié sur sa plateforme Truth Social, selon laquelle un flux quotidien de 18 millions de barils est devenu la nouvelle norme habituelle.





