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De 50 millions de dollars à la rupture : l'histoire d'Alina Habba avec Trump
Donald Trump a qualifié d'inacceptable le contrat de plus de 50 millions de dollars obtenu par son ancienne avocate Alina Habba, lié à une entreprise connectée à un banquier vénézuélien gracié.

Le président américain Donald Trump a suscité une nouvelle polémique concernant son ancienne avocate Alina Habba Madaio, après avoir qualifié un contrat qu'elle a obtenu pour un montant supérieur à 50 millions de dollars de « scandaleux et inacceptable ».
La sensibilité de cette affaire réside dans le fait que le contrat a été conclu avec une entreprise liée à la famille d'un banquier vénézuélien qui cherchait à obtenir une grâce présidentielle, avant que Trump ne lui accorde effectivement cette grâce en janvier 2026.
Les détails de l'affaire remontent à octobre 2025, lorsque Habba a signé un accord pour travailler comme conseillère juridique générale de la société « Concord Partners », fondée par Isabella Herrera, fille du banquier vénézuélien Julio Herrera Velutini.
En vertu de cet accord, la famille Herrera lui a garanti plus de 50 millions de dollars sur quatre ans, soit 10 millions de dollars par an, en plus de primes et d'autres incitations, selon les révélations du New York Times.
Herrera Velutini faisait face à des accusations pénales américaines liées à la corruption, avant de conclure un accord de plaidoyer de culpabilité en août 2025 concernant une infraction moins grave liée au financement de campagnes électorales. Parallèlement, sa famille cherchait à obtenir une grâce présidentielle pour lui, ce qui s'est finalement concrétisé.
La sensibilité du timing est accrue compte tenu des postes occupés par Habba. Elle a signé l'accord en octobre 2025, alors qu'elle occupait le poste de procureur fédéral par intérim dans le New Jersey, avant de démissionner le 8 décembre de la même année et d'être nommée conseillère principale du procureur général des États-Unis.
Elle a commencé à travailler pour « Concord Partners » le 1er janvier 2026, soit deux semaines avant la publication de la grâce accordée à Herrera.
Habba a nié avoir reçu de l'argent en échange de l'obtention de la grâce, affirmant qu'elle n'avait rencontré aucun responsable de la Maison Blanche ou du département de la Justice pour discuter de l'affaire, et qu'elle n'avait accompli aucune action au profit de quiconque dans le but d'obtenir une grâce présidentielle.
Il n'a pas été prouvé que le contrat était la contrepartie de son intervention dans le dossier du banquier vénézuélien. Mais Trump lui-même a critiqué publiquement l'accord, le qualifiant de « provocateur, scandaleux et inacceptable », et a déclaré qu'il avait informé Habba qu'il ne voulait pas qu'elle obtienne ces fonds.
Une Iraki dans le monde du droit
Alina Saad Habba est née le 25 mars 1984 à Summit, dans l'État du New Jersey, aux États-Unis, de parents irakiens ayant émigré aux États-Unis au début des années 1980.
Sa famille appartient à l'Église catholique chaldéenne. Habba a évoqué lors d'événements publics ses origines arabes et irakiennes, se décrivant comme une Américaine de première génération d'origine moyen-orientale.
Elle a étudié les sciences politiques à l'université Lehigh, dont elle est diplômée en 2005, avant de travailler dans le secteur de la mode entre 2005 et 2007, dans le marketing et la production d'accessoires chez le designer américain Marc Jacobs.
Elle est ensuite retournée aux études, obtenant un diplôme de droit à la Widener University Delaware Law School en 2010, puis a travaillé comme assistante judiciaire auprès du juge Eugene Cody Jr. dans le New Jersey, avant de passer à l'exercice privé de la profession d'avocat.
En 2020, elle a fondé son cabinet d'avocats « Habba Madaio & Associates », basé à Bedminster, dans le New Jersey, ville qui abrite l'un des clubs de golf de Trump.
Une rencontre qui a changé le cours de sa vie
La relation entre Habba et Trump a commencé en 2021, lorsqu'elle l'a rencontré dans son club de golf privé à Bedminster. Cette rencontre a eu lieu à un moment où l'ancien président faisait face à une série de poursuites judiciaires et d'enquêtes, après avoir quitté la Maison Blanche suite à sa défaite aux élections de 2020.
Habba a rejoint son équipe juridique et est rapidement devenue l'une de ses principales porte-parole et défenseuses devant les médias, tirant parti de ses apparitions fréquentes dans les émissions télévisées et de son style agressif face à ses adversaires politiques et juridiques.
Elle a assuré sa défense dans plusieurs affaires civiles majeures, notamment la plainte pour diffamation intentée par l'écrivaine E. Jean Carroll, qui s'est terminée en janvier 2024 par une décision du jury condamnant Trump à payer 83,3 millions de dollars de dommages et intérêts.
Elle l'a également représenté dans une plainte déposée contre Hillary Clinton et d'autres personnalités démocrates, les accusant d'avoir conspiré pour ternir son image en promouvant les allégations d'ingérence russe dans les élections américaines.
Mais le tribunal a rejeté la plainte et a infligé des sanctions financières à Trump et à ses avocats, dont Habba, pour un montant total d'environ 938 000 dollars, en raison de ce que le juge a décrit comme un manque de base légale pour la plainte et son utilisation à des fins politiques.
Durant cette période, Habba est devenue une figure connue dans les cercles juridiques et politiques de Trump, participant à la convention nationale du Parti républicain en 2024, où elle l'a défendu et présenté comme une victime de la politisation de la justice.
De conseillère à un poste fédéral
Avec le retour de Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, il a nommé Habba conseillère présidentielle, une étape reflétant la confiance qu'il lui accordait après des années de travail au sein de son équipe juridique et de ses campagnes politiques.
En mars de la même année, elle a pris le poste de procureur fédéral par intérim dans le New Jersey, devenant responsable de la supervision des poursuites pénales fédérales dans l'État.
Cependant, sa nomination a rencontré des objections légales, notamment en raison de son manque d'expérience préalable dans le travail de procureur et de ses liens professionnels et politiques étroits avec Trump.
La légitimité de son maintien en poste a fait l'objet d'un litige judiciaire, après qu'un tribunal a statué que les procédures utilisées par l'administration pour la maintenir en poste n'étaient pas conformes à la loi.
Le mandat de Habba en tant que procureur fédéral a pris fin en décembre 2025, lorsqu'elle a démissionné et a été nommée conseillère principale du procureur général des États-Unis, un poste qui l'a maintenue dans le cercle administratif du département de la Justice.
Mariage
En septembre 2026, Habba a épousé l'homme d'affaires turc Turhan Melda, âgé de 29 ans, lors d'une cérémonie organisée à l'hôtel Waldorf Astoria à New York, selon des rapports médiatiques.
Melda dirige la société d'investissement « Miller Holding », active dans divers secteurs et projets hors de Turquie, notamment en Afrique, y compris en République démocratique du Congo, et son nom a été associé à des relations commerciales au Venezuela.
Leur mariage a suscité un intérêt médiatique compte tenu du passé commercial de Melda et de ses relations avec des personnalités proches de l'administration américaine, mais il représente une trajectoire distincte de l'affaire du contrat de 50 millions de dollars lié à la famille du banquier vénézuélien Herrera Velutini, et aucune preuve publiée n'établit un lien direct entre les deux affaires.
Une ascension professionnelle entourée de questions
Le parcours de Habba révèle une transition rapide de l'exercice du droit dans le New Jersey à un poste avancé dans les cercles juridiques et politiques du président américain, bénéficiant de son rôle dans sa défense durant les années de confrontations judiciaires et de la confiance qu'il lui a accordée.
Mais son passage de la défense privée de Trump, au travail au département de la Justice, puis à l'obtention d'un contrat commercial de dizaines de millions de dollars de la part de la famille d'une personne cherchant une grâce présidentielle, a placé sa carrière face à des questions concernant la séparation entre responsabilités publiques et intérêts privés.
Avec l'intervention de Trump lui-même dans les critiques, l'affaire ne se limite plus au débat sur le montant ou le timing du contrat, mais s'étend à la nature des relations entre l'entourage du président et les intérêts financiers des parties cherchant à accéder au pouvoir à Washington.
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