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Élections primaires du Likoud : Netanyahu renforce son emprise face à une droite extrême en expansion

Les primaires du Likoud en Israël marquent une bataille politique plus vaste, au cours de laquelle Benjamin Netanyahu tente de consolider son pouvoir face à une montée de la droite extrême et à un affaiblissement de sa popularité.

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Élections primaires du Likoud : Netanyahu renforce son emprise face à une droite extrême en expansion
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La portée des élections primaires du parti israélien Likoud va bien au-delà le simple choix des candidats pour la liste parlementaire à venir : leurs résultats dessinent les contours d'une bataille politique plus large qui pourrait déterminer l'avenir de Benjamin Netanyahu et de son gouvernement, alors que son soutien populaire s'effondre et que les divisions se creusent au sein de la société israélienne.

La revue française Le Monde, dans un long reportage, affirme que Netanyahu, qui a occupé le poste de Premier ministre pendant environ 19 ans, fait face à l'une de ses campagnes électorales les plus difficiles, en raison d'accusations largement diffusées de responsabilité dans l'échec sécuritaire précédant l'attaque du 7 octobre 2023, ainsi que de critiques sur son incapacité à faire progresser la cause politique après les opérations militaires contre le Hamas et la milice du Hezbollah.

Selon Le Monde, les sondages indiquent une baisse de la part du Likoud, passant de 32 sièges obtenus lors des élections de 2022 à entre 22 et 24 sièges au prochain parlement, face à une concurrence accrue avec Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major.

Netanyahu assure sa domination au sein du parti

La publication estime que Netanyahu a exploité son influence au sein du Likoud au cours des derniers mois pour renforcer sa maîtrise du parti, après avoir obtenu le droit de proposer neuf membres pour des postes clés sur la liste, garantissant notamment des places pour le ministre de la Défense Yisrael Katz et le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar.

Ainsi, il n'a laissé aux membres du parti qu'un espace limité pour choisir les candidats, ce qui a provoqué une concurrence intense entre les candidats, avec des prévisions selon lesquelles plus de la moitié des membres actuels de la Knesset ne seront pas représentés au prochain parlement.

Le rapport cite Avi Boshninski, analyste politique et ancien conseiller politique de Netanyahu, qui affirme que plus de 50 % des membres actuels de la Knesset devront suivre le prochain parlement à la télévision.

Boshninski estime que Netanyahu ne souhaite pas promouvoir des figures pouvant devenir, à terme, des concurrents au sein du parti, affirmant que le Premier ministre a compris qu'il n'était pas dans son intérêt « nommer ou promouvoir une personne susceptible de lui porter un coup dans le dos un jour » et de l'obliger à démissionner.

Il ajoute que les calculs vont au-delà des élections elles-mêmes : Netanyahu cherche à assurer la présence d'un nombre accru de fidèles lors des négociations d'alliance qui suivront les élections du 27 octobre, estimant que plus de soutiens au sein du parti réduisent les risques de divisions.

Une concurrence interne pousse le Likoud vers l'extrême droite

Le Monde souligne que la vigueur de la concurrence interne comporte un autre danger : une montée du radicalisme dans le discours politique. Certains candidats ont centré leurs campagnes sur l'attaque contre la gauche, la critique du système judiciaire, la promotion de la poursuite des opérations militaires, ainsi que la défense de l'annexion de parties de la Cisjordanie.

Parmi les noms qui ont attiré l'attention lors des primaires figure Amir Ohana, président sortant de la Knesset et partisan des colonies en Cisjordanie, ainsi que Yair Lapid, ancien ministre de la Justice lié à la réforme judiciaire qui avait provoqué de vastes manifestations en 2023.

On a aussi vu apparaître Almog Cohen, dissident de la droite extrême, Amichai Chikli, partisan des alliances avec les partis d'extrême droite européens, ainsi que Tali Gutlev, qui jouit d'une grande popularité au sein de la base du parti grâce à ses déclarations tranchantes et à ses positions radicales.

« La droite extrême s'est infiltrée dans le Likoud »

La publication note que les transformations au sein du Likoud ont poussé des analystes israéliens à alerter sur l'agrandissement de l'écart entre le parti et la droite extrême.

Le rapport cite le journaliste David Ishakharov dans le quotidien Haaretz, qui affirme que la droite extrême n'est plus cantonnée aux partis d'Etamar Ben-Gvir et Betzalel Smotrich, estimant que « le Likoud lui-même, qui était auparavant considéré comme le bastion de la droite israélienne modérée, est devenu aujourd'hui l'expression la plus large et la plus influente de cette droite ».

Il cite également Ben Dror Yamin, journaliste au Yedioth Ahronoth, qui affirme que le danger ne réside plus seulement dans la possibilité qu'un responsable du Likoud rejoigne Ben-Gvir, mais que « la ligne politique de Ben-Gvir s'est déjà infiltrée dans le Likoud ».

Dans le même temps, le parti tente d'exploiter le rejet profond de sa base envers la gauche et les partis arabes, dans une tentative de présenter les futures élections comme une confrontation entre le camp de Netanyahu et ses opposants.

Le Monde met en avant un discours diffusé par le parti via la chaîne 14, dans lequel il est dit : « Soit nous, soit une coalition qui comptera sur les partis arabes, Mansour Abbas, les démocrates, et Yair Golan ».

L'opposition

Comme indicateur supplémentaire de la nature de la campagne à venir, le Likoud a assumé la responsabilité de la diffusion d'un panneau publicitaire colossal à Tel Aviv montrant le maire de New York, Zehran Mammadani, aux côtés du guide suprême iranien, du président turc et du leader du Hezbollah, dans une tentative de présenter ce politicien américain comme faisant partie d'une menace plus vaste contre Netanyahu.

Le panneau portait la phrase : « Ils veulent battre Netanyahu. Ne les laissez pas gagner », avant que le Premier ministre ne le relâche.

Le Monde estime que ces signes dessinent déjà les traits d'une campagne électorale fondée sur l'opposition, la peur et l'identité politique, alors que la société israélienne vit une profonde division depuis l'attaque du 7 octobre et les guerres qui ont suivi.

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