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Des investigations européennes ciblent le Rassemblement National et ses dirigeants, Marine Le Pen et Jordan Bardella, pour des soupçons de détournement de fonds publics.

Le Rassemblement National et Bruxelles forment une « histoire sans fin », selon la revue Courrier International, qui décrit la situation actuelle du principal parti d’extrême droite en France.
Le 30 juin, quelques jours avant le verdict attendu le 7 juillet de la cour d’appel de Paris concernant l’éligibilité de Marine Le Pen à la présidentielle, Jordan Bardella, chef du Rassemblement National, a annoncé via son compte sur la plateforme X que les autorités avaient procédé à des perquisitions dans les locaux de sociétés partenaires de son parti en France, Belgique, Italie et Espagne.
Le procureur général européen conduit une enquête visant le groupe Identité et Démocratie au Parlement européen, suspecté d’avoir détourné des fonds européens alloués entre 2019 et 2024.
Selon le quotidien belge Le Soir, le montant en question s’élève à environ 4,3 millions d’euros. L’enquête s’appuie sur un rapport de la direction financière du Parlement européen qui a relevé des irrégularités dans les procédures d’appel d’offres pour des contrats de communication, attribués à des entreprises proches du Rassemblement National.
Plus sensible encore, Le Canard enchaîné a révélé l’ouverture d’une enquête judiciaire visant personnellement Jordan Bardella, soupçonné d’avoir occupé un « emploi fictif » au Parlement européen en 2015, une accusation similaire à celle pesant sur Marine Le Pen.
La revue Politico a également indiqué que Bardella fait face à des soupçons de fraude comparables à ceux qui menacent la carrière politique de Marine Le Pen.
Jordan Bardella a rejeté ces accusations, les qualifiant de « nouvelle campagne de harcèlement de la direction du Parlement européen ». De son côté, le journal allemand Süddeutsche Zeitung souligne que le parti, anciennement Front National, a fondé une large part de son discours politique sur la critique de l’Union européenne et de ses dépenses, tout en étant régulièrement accusé d’utiliser les fonds européens à des fins partisanes.
Le quotidien français Le Soir estime que l’affaire dépasse les simples enquêtes financières, précisant qu’une éventuelle interdiction de candidature pour Marine Le Pen pourrait pousser Jordan Bardella à se présenter directement à la prochaine élection présidentielle, en remplacement d’Emmanuel Macron.
Face à cette polémique politique, le journal britannique The Telegraph considère que ces enquêtes ne fragilisent pas nécessairement les chances du Rassemblement National, qui connaît actuellement ses meilleurs résultats électoraux et figure parmi les favoris pour accéder à l’Élysée en 2027.
Politico rapporte les propos de Mathieu Gallard, directeur des études chez Ipsos, qui explique : « Ce n’est pas parce que les électeurs croient que le Rassemblement National est innocent, mais parce qu’ils pensent que tous les partis sont corrompus. »
Selon Süddeutsche Zeitung, ce paradoxe politique français se traduit par une « histoire de corruption sans fin, mais qui ne fait pas taire les voix ».
Sarah Abdelkader - Iram News
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