Monde
France refuse la levée des sanctions de l’ONU contre l’Iran sans son accord
Le ministre français des Affaires étrangères affirme que Paris n’approuvera pas la levée des sanctions onusiennes contre l’Iran sans être satisfaite des termes de l’accord final.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré aujourd’hui que la France souhaite jouer un rôle dans les négociations concernant le programme nucléaire iranien et qu’elle ne donnera pas son accord à la levée des sanctions des Nations unies contre Téhéran tant qu’elle ne sera pas satisfaite des conditions de l’accord final.
Barrot, dont le pays dispose du droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, a ajouté que la région ne connaîtra pas de stabilité tant que les discussions entre les États-Unis et l’Iran ne permettront pas de résoudre les questions liées au programme balistique iranien et à son soutien aux groupes alliés.
Le ministre français a précisé à la chaîne France Info que « les concessions importantes qui seront exigées de l’Iran seront compensées par la levée des sanctions, celles qui lui ont été imposées par les Nations unies ».
Il a souligné que « la France est un membre permanent [du Conseil de sécurité], donc – comme il y a dix ans – son approbation sera nécessaire pour lever les sanctions », selon l’agence Reuters.
L’accord conclu cette semaine entre les États-Unis et l’Iran prévoit l’ouverture de négociations sur le programme nucléaire iranien dans les soixante prochains jours, avec une ratification finale par le Conseil de sécurité.
Des puissances européennes craignent que l’équipe américaine de négociation, jugée inexpérimentée, ne parvienne pas à un accord nucléaire solide ni à gérer le programme balistique iranien dans cette phase, ce qui pourrait entraîner une confrontation prolongée.
La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne cherchent à s’impliquer dans la préparation des prochaines discussions après avoir été mises à l’écart ces derniers mois.
Ces trois pays ont entamé un dialogue avec l’Iran sur son programme nucléaire en 2003, puis ont collaboré avec le président américain de l’époque, Barack Obama, pour aboutir en 2015 à un accord visant à limiter ce programme en échange d’un allègement des sanctions.
Le président américain Donald Trump avait vivement critiqué cet accord et avait retiré les États-Unis de celui-ci durant son premier mandat.
Jean-Noël Barrot a déclaré : « Notre objectif est d’obtenir d’importantes concessions du régime iranien et un changement radical de sa position. Nous aurons notre mot à dire car notre appartenance au Conseil de sécurité de l’ONU conditionnera nécessairement cet accord à la résolution de cette crise ».
Par ailleurs, la France demande à Israël un arrêt immédiat de l’escalade au Liban.
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