Monde
Le ministre iranien Abbas Irakji affirme que l’Iran est sorti renforcé du dernier conflit et que le Hezbollah restera un élément clé dans les négociations en cours.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Irakji, a déclaré que l’Iran est sorti plus fort de la dernière guerre, soulignant que l’ennemi pensait pouvoir soumettre le pays après un conflit de 12 jours, voire 40, mais a rencontré une résistance ferme des forces armées et du peuple iranien.
Il a ajouté que les Iraniens sont redevables à chaque membre des forces armées ainsi qu’à la population qui n’a jamais abandonné l’État et est restée présente dans les rues en permanence.
Lors d’une intervention dans l’émission « Dialogue d’actualité spéciale » sur la chaîne iranienne Khabar, Irakji a insisté sur l’absence de contradiction entre le terrain et la diplomatie, affirmant qu’ils avancent dans la même direction. Il a également souligné que les médias et la rue se sont joints à ces deux piliers, formant ainsi « les quatre piliers » qui progressent ensemble.
Selon lui, la diplomatie vise à consolider les acquis obtenus sur le terrain, et les négociateurs s’appuient sur cette force dans leurs discussions.
Irakji a indiqué que des responsables étrangers lui ont confié ne pas avoir connu l’Iran sous cet angle auparavant, estimant que les Iraniens ont créé une surprise en sortant renforcés du conflit.
Il a révélé que le résultat des négociations en cours est une note d’entente composée de 14 points, dont les détails seront communiqués au public une fois finalisés.
Il a précisé que le processus de négociation comporte deux phases : la première concerne la note d’entente, la seconde consiste en des discussions de 60 jours sur le dossier nucléaire iranien et la levée des sanctions.
La note d’entente prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts, en particulier au Liban. Irakji a affirmé : « Nous ne renoncerons jamais au Hezbollah et le dossier libanais sera clairement mentionné dans la note d’entente. »
Il a ajouté que la note inclut un engagement de la partie adverse à ne pas initier de guerre ni recourir à la menace ou à la force, ainsi qu’un respect mutuel de la souveraineté iranienne et une non-ingérence dans les affaires internes.
Irakji a souligné que certains acteurs, notamment Israël, s’opposent à cet accord et tentent de le faire échouer.
Concernant les fuites sur le contenu de l’accord, il a affirmé que les textes publiés ne sont pas crédibles à ce stade, appelant au calme pour permettre la conclusion du meilleur accord possible, et précisant qu’aucun accord ne peut favoriser totalement un camp au détriment de l’autre.
La note d’entente aborde également la levée du blocus maritime et la question du détroit d’Hormuz.
À propos des propos du président américain Donald Trump, Irakji a déclaré que ce dernier « diffuse ce qu’il veut par la voix des autres », ajoutant que l’Iran n’aurait pas accepté les propositions actuelles s’il avait été disposé à les accepter auparavant.
Il a assuré que l’Iran est prêt à toute confrontation militaire éventuelle et que ses forces armées ont toujours répondu à toute agression, insistant sur le fait que Téhéran ne renoncera pas à ses intérêts nationaux ni ne cédera sous la pression.
Il a réaffirmé que le terrain et la diplomatie forment deux voies complémentaires, chacune soutenant l’autre.
Sur le dossier du détroit d’Hormuz, Irakji l’a qualifié d’outil de dissuasion iranien, précisant que sa gestion future ne sera plus comme auparavant. Il a annoncé la préparation d’une déclaration conjointe entre l’Iran et le sultanat d’Oman concernant le mécanisme de gestion du détroit.
Il a ajouté que les forces armées iraniennes resteront présentes dans la région et interviendront si nécessaire. Selon lui, le droit international interdit l’imposition de droits de passage aux navires dans le détroit, mais autorise la perception de frais pour les services rendus, ce qui sera formalisé lors des négociations.
En ce qui concerne les fonds iraniens gelés, Irakji a affirmé que les résultats pratiques de l’accord sur cette question apparaîtront après la finalisation de la note d’entente, précisant que le blocus sera levé totalement et que les avoirs gelés seront débloqués.
Il a indiqué que la seconde phase des négociations portera sur la levée des sanctions, l’enrichissement nucléaire et les stocks de matières enrichies, ainsi que sur la création d’un fonds pour la reconstruction de l’Iran. Le pays propose de réduire le taux d’enrichissement sur son sol.
Irakji a précisé que la période de 60 jours de négociation pourrait être prolongée en cas de progrès, ou interrompue en cas d’échec, avec une décision prise selon la situation à ce moment-là.
Il a assuré que le Conseil suprême de sécurité nationale iranien supervise entièrement les négociations, examine tous les points et prend la décision finale.
La note d’entente ne dépasse pas deux pages, chaque mot ayant été soumis à de multiples relectures, et le ministère des Affaires étrangères a traité ce dossier avec la plus grande rigueur, a-t-il conclu.
Irakji a terminé en affirmant que l’accord à venir sert les intérêts nationaux iraniens et contribue à consolider les acquis militaires, rappelant que la guerre a éclaté en raison de la défense des intérêts nationaux et du refus de concessions, et que ce que les adversaires n’ont pu obtenir par la guerre ne leur sera pas accordé par la négociation.
Il a ajouté qu’un responsable américain lui a récemment confié que Washington a enfin compris que les Iraniens sont « différents des autres », et que si l’accord est définitivement approuvé, il sera signé électroniquement à distance avant d’être officiellement annoncé.



