Daily Beirut

Monde

L'Iran de plus en plus isolé : la suspension des vols perturbe la vie des Iraniens

Les restrictions aériennes et les sanctions américaines compliquent le voyage et les études à l'étranger pour les Iraniens, tandis que la fermeture du centre linguistique français accentue leur isolement.

··4 min de lecture
L'Iran de plus en plus isolé : la suspension des vols perturbe la vie des Iraniens
Partager

La difficulté de voyager et de communiquer avec le monde extérieur s'accroît pour les Iraniens, alors que les restrictions imposées aux vols iraniens s'étendent suite aux nouvelles sanctions américaines, coïncidant avec des mesures internes qui ont fermé un espace éducatif et culturel reliant depuis des décennies les Iraniens à l'étranger.

Un vol de Farsh Air, prévu de Téhéran à Douchanbé, capitale du Tadjikistan, a dû faire demi-tour après que le Turkménistan ait refusé d'autoriser son survol.

Ces développements suivent l'annonce par le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, le 21 septembre, de sanctions contre 27 compagnies aériennes iraniennes, avec menace de sanctions secondaires contre les entreprises étrangères continuant de fournir des services à ces sociétés, y compris carburant, services au sol et aéroportuaires.

L'article indique que ces mesures s'inscrivent dans une pression américaine visant l'économie iranienne, parallèlement aux restrictions sur la navigation via le détroit d'Ormuz et au renforcement des sanctions.

Vols limités et incertitudes croissantes
La situation des vols internationaux iraniens reste instable, certaines lignes opérant encore, notamment vers la Chine, la Russie et l'Afghanistan, ainsi que quelques vols vers la Turquie assurés par des transporteurs iraniens.

Mais cette incertitude a poussé certaines agences de voyages iraniennes à suspendre la vente de billets spécifiques, craignant l'annulation des vols programmés.

Le secteur aérien iranien est déjà sous sanctions américaines depuis des années, rendant difficile l'évaluation précise de l'impact réel des nouvelles mesures et de leurs répercussions durables sur les compagnies et les vols internationaux.

Les conséquences ne se limitent pas au transport aérien mais affectent aussi les projets des étudiants iraniens souhaitant étudier à l'étranger.

Au cours des dernières semaines, l'accès à certains examens internationaux requis pour intégrer des universités étrangères est devenu plus ardu. Parmi eux, le TOEFL, test majeur d'évaluation de la maîtrise de l'anglais.

Après la suspension par le Trésor américain de la licence générale "G", Educational Testing Service (ETS), organisme responsable du TOEFL, a interrompu la passation de l'examen en Iran.

Les étudiants iraniens désireux de passer ce test sont désormais contraints, si leurs moyens et conditions le permettent, de se rendre dans un autre pays, ajoutant coûts et charges supplémentaires à leurs plans d'études à l'étranger.

Fermeture du Centre de langue française
Tandis que les sanctions américaines entravent certaines voies de voyage et d'étude, les autorités iraniennes ont fermé un autre accès pour ceux voulant étudier à l'étranger.

Le 20 septembre, les autorités iraniennes ont fermé le Centre de langue française de Téhéran, rattaché à l'ambassade de France et actif depuis plus de 20 ans, sur ordre du bureau du procureur général de Téhéran.

La justice iranienne accuse le centre d'avoir poursuivi ses activités sans autorisations requises malgré plusieurs mises en demeure officielles, et d'exercer des activités jugées contraires à la culture et à la sécurité nationale, dont "la création de réseaux et la facilitation du départ d'Iraniens qualifiés".

Le centre accueillait environ 5 000 étudiants par an, offrant des cours de français, des programmes préparatoires et des sessions pour obtenir des certifications officielles comme les diplômes DELF et DALF reconnus internationalement.

Il abritait également un bureau de Campus France, fournissant informations et soutien aux Iraniens souhaitant poursuivre leurs études en France.

Paris a fermement condamné cette fermeture, soulignant qu'elle affecterait des milliers d'Iraniens ayant bénéficié annuellement des programmes du centre.

Une prison qui se resserre
Pour certains étudiants, la fermeture n'était pas seulement celle d'un établissement éducatif, mais un coup direct porté à des projets académiques longuement préparés.

Selon Le Monde, Sadaf, Iranienne de 31 ans, étudiait le français au centre depuis un an et demi et prévoyait d'y suivre des études de cinéma en France.

Elle raconte avoir été choquée en découvrant les portes closes le 21 septembre. Elle se préparait à passer le DELF en décembre avant de lancer sa candidature universitaire, mais la fermeture place son plan d'études face à un avenir incertain.

"Chaque fois que nous tentons d'ouvrir une porte, les autorités iraniennes la ferment violemment. Personne ne considère nos motivations, ni l'argent et le temps investis. J'ai l'impression d'être dans une prison qui se resserre constamment", dit-elle.

L'expérience de Sadaf reflète, selon le reportage, une facette de l'impact des restrictions croissantes sur les Iraniens cherchant à maintenir leurs liens avec l'extérieur, via voyage, éducation ou échanges culturels et académiques, alors que leurs options diminuent progressivement.

Ajoutez Daily Beirut à votre fil Google News pour recevoir l'info en priorité.
Partager