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Le Caire rouvre son ambassade à Tripoli après douze ans de fermeture

L'Égypte a officiellement réouvert sa mission diplomatique en Libye et abordé les tensions maritimes avec Ankara lors d'une visite historique du ministre des Affaires étrangères.

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Le Caire rouvre son ambassade à Tripoli après douze ans de fermeture
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Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a effectué samedi une visite à Tripoli marquée par la réouverture officielle de l'ambassade d'Égypte, fermée depuis douze ans. Cette étape symbolise le retour complet de la présence diplomatique cairote dans la capitale libyenne, un événement qualifié de premier déplacement d'un chef de la diplomatie égyptienne en Libye depuis 2011.

La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre libyen par intérim des Affaires étrangères, Taher Al-Baour. Les deux responsables ont souligné la portée historique de cette réouverture, insistant sur le rôle du bâtiment comme pont entre les deux nations. Abdelatty a noté que la continuité de l'utilisation de ce siège renforce les liens humains et culturels profonds qui unissent les peuples égyptien et libyen.

Tensions autour de la frontière maritime

Au-delà du protocole, les discussions ont porté sur le dossier sensible de la délimitation maritime en Méditerranée orientale. Le chef de la diplomatie égyptienne a réitéré la position juridique du Caire concernant le mémorandum d'accord signé entre la Libye et la Turquie. Il a insisté sur la nécessité de respecter les intérêts égyptiens conformément au droit international et à la convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

En réponse, le Premier ministre du gouvernement d'union nationale, Abdulhamid Dbeibah, a affirmé la volonté de Tripoli de ne pas porter atteinte aux intérêts maritimes de l'Égypte. Il a indiqué que son administration examinerait conjointement avec Le Caire les questions relatives à la démarcation des frontières. Cette clarification intervient quelques semaines après le rejet égyptien de la ratification par le Parlement libyen de l'accord turco-libyen de 2019.

Coopération économique et sécurité régionale

Les pourparlers se sont tenus en marge de la vingt-deuxième session du Conseil exécutif du regroupement des États du Sahel et du Sahara (CEN-SAD). Dbeibah et Abdelatty ont exploré les moyens d'élargir la coopération commerciale et d'investissement. Ils ont convenu de lever les obstacles au commerce bilatéral et de mobiliser l'expertise des entreprises égyptiennes pour les projets de reconstruction et d'infrastructure en Libye.

Le volet social a également été abordé, avec des demandes égyptiennes visant à faciliter la vie de leur communauté expatriée. Le Caire sollicite notamment l'extension des délais administratifs, l'annulation des amendes accumulées et des mesures supplémentaires pour les étudiants égyptiens présents en Libye. Dbeibah a salué le contribution de la main-d'œuvre et des sociétés égyptiennes à l'effort de relèvement national.

Sur le plan sécuritaire, Abdelatty a appelé à renforcer la coordination régionale face aux menaces croissantes dans la zone sahélienne, citant le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Il a plaidé pour l'activation des mécanismes spécialisés du CEN-SAD afin de consolider la stabilité et le développement. La visite a aussi permis la signature d'un accord de collaboration sanitaire, en présence du ministre libyen de la Santé, Mohamed Al-Ghouj.

Le contexte géopolitique reste marqué par des divergences juridiques. Le Caire maintient que la ratification parlementaire libyenne est nulle et sans effet légal vis-à-vis de l'Égypte. Cette position a été rappelée lors d'échanges récents avec les autorités turques et confirmée par le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Nader Zaki, qui décrit ces accords contestés comme « de l'encre sur du papier ».

Parallèlement, une dynamique diplomatique régionale s'observe. Dimanche dernier, les ministres des Affaires étrangères de l'Algérie, de l'Égypte et de la Tunisie ont publié un communiqué commun condamnant toute ingérence extérieure dans les affaires libyennes. Ils ont soutenu les efforts onusiens pour organiser des élections présidentielles et législatives simultanées, tout en insistant sur la préservation des ressources financières du peuple libyen.

À Benghazi, le gouvernement chargé par le Parlement a invité les députés à soutenir les négociations techniques avec Le Caire sur les zones économiques exclusives. Cette démarche vise à trouver des solutions consensuelles respectant les droits des deux pays, dans un esprit de bon voisinage et de responsabilité partagée.

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