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Le nouveau guide suprême iranien envisagerait plus ouvertement l'arme nucléaire

Des évaluations américaines suggèrent que le successeur de Khamenei serait plus favorable à l'arme nucléaire, relançant les tensions avec Washington.

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Le nouveau guide suprême iranien envisagerait plus ouvertement l'arme nucléaire
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Des analyses du renseignement américain soulèvent de nouvelles interrogations sur l'avenir du programme nucléaire iranien. Elles concluent que le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, serait plus disposé que son prédécesseur et père, Ali Khamenei, à envisager la possession d'une arme nucléaire. Ce changement pourrait modifier les calculs dans les relations entre Washington et Téhéran, renforçant les arguments de l'administration Trump pour intensifier la pression militaire sur l'Iran, selon le New York Times.

Ces conclusions interviennent alors que l'administration Trump examine ses options pour élargir ses opérations militaires contre l'Iran. Washington affirme que Téhéran n'a pas relancé son programme nucléaire, mais a pris des mesures pour préserver ses infrastructures et transférer certains équipements vers des sites plus sécurisés.

Cette situation ravive les craintes liées à la « doctrine du seuil nucléaire », qui consiste à se tenir à la limite de la possession d'armes nucléaires sans les déclarer officiellement, permettant à l'Iran de conserver des capacités techniques, des centrifugeuses et des matériaux enrichis comme leviers dissimulés dans les négociations internationales.

Bien que Mojtaba Khamenei n'ait pas publiquement appelé à la fabrication d'armes nucléaires, les services de renseignement américains estiment que sa position diffère de celle de son père, perçu comme hésitant à franchir le cap politique de la production de la bombe, malgré la poursuite du développement nucléaire iranien.

Une approche distincte du programme nucléaire

Le New York Times rapporte que des responsables américains familiers des évaluations de renseignement considèrent que Mojtaba Khamenei, qui a pris la tête du pays après la mort de son père dans une attaque israélienne soutenue par des renseignements américains au début du conflit, est plus enclin à avancer vers la fabrication d’une arme nucléaire, même s’il ne l’a pas déclaré explicitement.

La presse précise que les services américains distinguent depuis des années la capacité technique iranienne à produire une arme nucléaire et la décision politique de la fabriquer. Ils estimaient que le précédent guide, Ali Khamenei, bien qu’appuyant le programme nucléaire, hésitait à franchir cette étape.

En 2005, Ali Khamenei avait émis une fatwa interdisant l’usage des armes nucléaires, communiquée à l’Agence internationale de l’énergie atomique. Néanmoins, cela n’a pas empêché la poursuite du programme ni les recherches qui pourraient rapprocher Téhéran de la capacité de fabriquer une arme si la décision politique était prise.

Le New York Times indique que la plupart des informations sur Mojtaba Khamenei ont été recueillies avant le déclenchement de la guerre. Blessé dans les premières semaines du conflit, il a réduit ses apparitions publiques et ses contacts par crainte d’être ciblé par des frappes aériennes.

Les évaluations américaines considèrent que le nouveau guide dirige toujours le pays, mais qu’il n’a pas encore consolidé le pouvoir absolu dont jouissait son père pendant plus de 36 ans.

« Bikax », site nucléaire le plus sécurisé

Le New York Times rapporte que les États-Unis surveillent les efforts iraniens pour protéger les restes de leur infrastructure nucléaire, après que Téhéran a transféré plusieurs centrifugeuses vers une installation fortement sécurisée située dans un complexe montagneux central, connue à Washington sous le nom de « Mont de la Hache ».

La presse rappelle que des renseignements israéliens, révélés en premier par le Wall Street Journal, avaient détecté ce transfert de centrifugeuses vers ce nouveau site.

Selon des responsables américains cités par le journal, cette opération ne signifie pas la reprise de l’enrichissement d’uranium, mais vise à protéger le matériel nucléaire contre d’éventuelles frappes américaines.

Les évaluations estiment que ce site est mieux protégé que ceux de Fordo et Natanz, situé à une profondeur qui le met hors de portée des bombes conventionnelles américaines, y compris les munitions dites « pénétrantes » utilisées lors des attaques précédentes.

Le New York Times précise également qu’en prévision d’une éventuelle opération de forces spéciales américaines visant à détruire l’installation de l’intérieur, l’Iran a renforcé la présence de ses troupes terrestres autour du site.

Des frappes qui ont retardé mais pas détruit le programme

Le New York Times rappelle que le président Donald Trump avait ordonné en juin 2025 des frappes sur les sites de Fordo, Natanz et Ispahan, utilisant des bombardiers furtifs B-2 et des missiles Tomahawk.

Malgré l’annonce de Trump selon laquelle ces attaques avaient détruit entièrement le programme nucléaire iranien, les évaluations de renseignement américaines ont conclu que ces frappes avaient seulement retardé le programme sans l’éliminer.

Le journal ajoute que le programme aurait pu reprendre en environ six mois si l’Iran avait accéléré la réparation des centrifugeuses ou la reprise de l’enrichissement sur d’autres sites, mais que Téhéran a préféré préserver ses installations et différer leur remise en service.

Cependant, les évaluations américaines confirment que les réserves d’uranium hautement enrichi de l’Iran restent intactes et accessibles, maintenant ainsi la base technique nécessaire à un futur programme militaire.

De la bombe primitive aux ogives avancées

Le New York Times indique que les services de renseignement américains pensaient à la fin de l’administration Biden que l’Iran envisageait de développer une bombe nucléaire primitive, offrant une capacité de dissuasion limitée, même si elle était peu efficace et difficile à déployer.

Les évaluations actuelles suggèrent que Mojtaba Khamenei ne voit pas un grand intérêt dans cette option. Il serait favorable au développement d’ogives nucléaires plus sophistiquées, susceptibles d’être miniaturisées à l’avenir et montées sur des missiles à longue portée.

Cependant, le nouveau guide n’a pas exprimé publiquement son soutien à la possession d’armes nucléaires, se contentant d’affirmer son appui au programme nucléaire iranien tout en manifestant des réserves sur l’accord conclu en juin dernier entre l’Iran et les États-Unis, qui stipule que Téhéran ne cherche pas à produire d’arme nucléaire.

Mojtaba Khamenei a déclaré avoir autorisé la conclusion de cet accord, mais ne le soutient pas « en principe », ce qui est perçu par certains cercles américains comme un signe d’une position plus dure que celle de son père.

La guerre renforce les partisans de l’arme nucléaire

Le New York Times cite Rosemary Kelanic, directrice du programme Moyen-Orient au centre « Defense Priorities », qui estime que le récent conflit augmente les chances que l’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire.

Elle ajoute que Téhéran dispose désormais de motifs accrus pour développer une capacité de dissuasion nucléaire afin d’empêcher toute tentative future américaine ou israélienne de renverser le régime, jugeant que la guerre a peut-être produit un effet contraire à l’objectif déclaré de prévenir la prolifération nucléaire.

Le journal rapporte aussi que des responsables américains indiquent que les décideurs iraniens qui défendaient auparavant la possession d’armes nucléaires comme seule garantie contre une attaque américaine ou israélienne ont gagné en influence après la guerre, ce qui pourrait accroître la pression interne pour revoir la politique nucléaire iranienne.

Les inquiétudes américaines ne se limitent donc pas à la capacité de l’Iran à reconstruire son programme nucléaire après des frappes militaires, mais s’étendent à la possibilité que la nouvelle direction soit moins hésitante à prendre une décision politique que Téhéran a évitée d’annoncer pendant des décennies, ouvrant une nouvelle phase de confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël.

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