Monde
Le Pentagone attend l'ordre de Trump pour frapper Cuba
Le Pentagone a massé forces et armements dans les Caraïbes, en attente d'une décision finale de Donald Trump pour une éventuelle attaque contre Cuba.

Le Pentagone a consacré plusieurs mois à rassembler les troupes et les équipements nécessaires pour mener une opération militaire américaine contre Cuba. Les mouvements militaires observés dans la région des Caraïbes laissent entendre que toute action dépendra d’une directive finale du président américain Donald Trump.
Un rapport publié par Politico indique que Trump a déjà évoqué la possibilité d’une invasion de l’île, après l’échec des pressions économiques et politiques visant à renverser le gouvernement communiste. Par ailleurs, la marine américaine maintient une présence militaire intense dans la zone, qualifiée de la plus importante en dehors du Moyen-Orient.
Ce déploiement offre à Washington diverses options militaires, allant d’une attaque ciblée contre le commandement à La Havane, semblable à celle qui a conduit à la chute de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro, jusqu’à des frappes précises. Cela pourrait entraîner les États-Unis dans un troisième conflit international sous l’administration Trump.
Lors d’une réunion ministérielle mercredi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que Cuba se trouve « dans une grande difficulté », ajoutant que « la présence d’un État défaillant à 90 milles des côtes américaines constitue une menace pour la sécurité nationale des États-Unis ».
En mai, le porte-avions américain USS Nimitz est entré dans les Caraïbes, accompagné de destroyers et croiseurs lance-missiles capables de mener des frappes précises sur des cibles terrestres. Des drones et avions de reconnaissance américains survolent également Cuba depuis plusieurs mois, selon des sites de suivi des vols.
Par ailleurs, le navire d’assaut amphibie USS Kearsarge et son escorte, transportant environ 2 500 marines, se préparent à un nouveau déploiement au large des côtes de Virginie, avec la possibilité de remplacer certains navires qui s’apprêtent à rentrer au port.
Bien que cette présence offre plusieurs options militaires, des rapports indiquent que le Pentagone aurait besoin de forces supplémentaires en cas d’invasion terrestre à grande échelle.
Le USS Nimitz est arrivé dans la région alors que les États-Unis ont porté des accusations contre l’ancien président cubain Raúl Castro, un geste qualifié par le rapport de démonstration de force publique.
Marc Cancian, ancien responsable du Pentagone et analyste au Center for Strategic and International Studies, a expliqué que la présence du Nimitz vise principalement à dissuader, mais pourrait être utilisée dans une opération militaire si nécessaire. Il a précisé que le porte-avions et les avions de combat basés en Floride et à Porto Rico joueraient un rôle clé dans toute action contre Cuba, notamment en frappant les défenses aériennes ou le commandement politique cubain.
Cependant, l’administration américaine fait face à des contraintes temporelles, plusieurs navires déployés depuis l’été approchant la limite des dix mois en mer, dépassant ainsi la durée habituelle des missions. Cette situation suscite des inquiétudes au sein du ministère de la Défense concernant l’épuisement des équipages, d’autant que des opérations de blocus contre des navires iraniens dans le golfe Persique se poursuivent.
Le porte-parole de la Maison-Blanche a renvoyé les questions relatives aux mouvements militaires vers le Pentagone. La marine américaine a refusé de commenter les déploiements en cours, et le commandement des forces navales du Sud n’a pas répondu aux sollicitations.
Un responsable de la défense a indiqué que « la prolongation répétée des déploiements engendre des problèmes supplémentaires liés à l’entretien des navires et à leur remise en état après leur retour ».
Ces opérations prolongées interviennent après une mission de 11 mois du porte-avions USS Gerald R. Ford, qui a navigué entre l’Europe, les Caraïbes et le Moyen-Orient pendant le conflit avec l’Iran.
La mission du Nimitz, initialement prévue comme sa dernière après 50 ans de service, a été prolongée suite à la décision de la marine américaine de maintenir son activité jusqu’en 2027 au lieu de la retirer du service.
Le rapport précise également que les navires amphibies USS Iwo Jima et USS Fort Lauderdale sont restés en service depuis l’été, malgré l’annonce du corps des Marines de leur retour à Norfolk la semaine prochaine.
La prolongation des déploiements affecte directement les soldats et marines, qui s’attendaient à rentrer selon le calendrier initial, avant que leurs missions ne soient prolongées de plusieurs mois.
Joe Blinzler, officier retraité du corps des Marines, a déclaré que « la nature des déploiements militaires est toujours marquée par l’incertitude, mais la prolongation indéfinie des missions impacte la volonté des militaires de poursuivre leur carrière et complique la gestion des familles confrontées à des rotations supplémentaires ».
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