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Les exportations de pétrole depuis l'île de Kharg, principal terminal iranien, sont totalement à l'arrêt depuis plusieurs jours, une première depuis le début du conflit.

L'île de Kharg, plaque tournante de 90 % des exportations iraniennes de brut, n'a vu aucun pétrolier géant accoster les 8, 9 et 11 mai, selon des données de satellites européennes compilées par Bloomberg. Ce silence prolongé constitue la plus longue interruption jamais enregistrée pour ce terminal, alors que des jours isolés sans navires avaient déjà été observés par le passé. Les images satellites montrent les quais de chargement totalement vides le 11 mai, alors que des pétroliers étaient présents la plupart des jours précédents.
Depuis le début des frappes américano-israéliennes le 28 février, seules deux images sur 33 disponibles avaient montré une absence de navires à Kharg. L'arrêt actuel coïncide avec des informations du New York Times faisant état d'une fuite de pétrole estimée à 3 000 barils le 6 mai près de l'île, ce qui pourrait avoir perturbé les opérations de chargement. Téhéran a démenti tout déversement, et les images ultérieures n'ont pas fourni de preuves claires.
Jusqu'à présent, l'Iran avait maintenu ses chargements tout au long du conflit, utilisant les pétroliers comme entrepôts flottants après que le blocus naval américain a empêché leur sortie du golfe Persique. Mais l'arrêt à Kharg accélère le remplissage des réservoirs terrestres, dont les images satellites montrent une saturation rapide. Les experts estiment que Téhéran pourrait être contraint de réduire encore davantage sa production si ces capacités atteignent leur maximum, après avoir déjà procédé à des coupes.
Depuis la mi-avril, l'interdiction américaine du passage des navires a transformé des dizaines de pétroliers en dépôts flottants à l'est de Kharg. Le nombre de pétroliers géants est passé de 3 le 11 avril à au moins 18 le 11 mai, auxquels s'ajoutent d'autres regroupements près du port de Jask. Cette situation place l'Iran face au dilemme de maintenir sa production tout en gérant une crise de stockage qui s'aggrave.



