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Le siège de Bamako par Al-Qaïda étouffe les habitants avant l'Aïd al-Adha

Depuis fin avril, le groupe djihadiste Al-Qaïda bloque les approvisionnements vers Bamako, provoquant une grave pénurie avant l'Aïd al-Adha.

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Le siège de Bamako par Al-Qaïda étouffe les habitants avant l'Aïd al-Adha
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À la veille de l’Aïd al-Adha, qui aura lieu mercredi, Bamako fait face à une situation exceptionnelle marquée par un siège imposé depuis la fin avril. Ce blocus a transformé les préparatifs de la fête en une épreuve pour des centaines de milliers de familles maliennes.

Le groupe djihadiste Ansar Dine, affilié à Al-Qaïda, a coupé les principales voies d’approvisionnement de la capitale, empêchant ainsi l’arrivée des moutons, de la nourriture et du carburant à l’approche de cette fête majeure dans la région du Sahel.

Pendant plusieurs semaines, les extrémistes d’Ansar Dine ont mené des attaques ciblées contre les convois commerciaux reliant Bamako aux zones de production du sud et de l’ouest, ainsi qu’aux frontières avec la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Mauritanie.

Des dizaines de camions ont été incendiés sur les routes principales menant à la capitale, perturbant fortement le transport et le commerce, et obligeant désormais les convois à voyager sous escorte militaire. L’armée malienne accompagne certains transports prioritaires, mais la fréquence des livraisons a nettement chuté.

Cette stratégie de siège économique marque un tournant tactique. Alors qu’Ansar Dine était cantonné depuis longtemps aux zones rurales du centre et du nord, le groupe concentre désormais ses opérations sur les axes logistiques vitaux de Bamako.

En paralysant la chaîne d’approvisionnement, les djihadistes affectent directement le pouvoir d’achat des familles et remettent en cause la légitimité des autorités de transition, qui peinent à garantir la libre circulation des marchandises.

Les médias locaux rapportent une situation alarmante sur les marchés aux bestiaux de Bamako, où la différence avec les années précédentes est frappante. Les enclos sont presque vides, les éleveurs venus du Sahel central hésitant à prendre le risque de se déplacer.

Cette pénurie a provoqué une flambée des prix, rendant l’achat des moutons destinés au sacrifice inaccessible pour un nombre croissant de foyers. Pour beaucoup, l’emprunt ou la mise en commun des ressources familiales est devenue la seule manière de célébrer cette fête religieuse.

Selon les chiffres du ministère de l’Élevage relayés par le journal officiel "L’Essor", les autorités avaient prévu de transporter 12 000 têtes de bétail vers Bamako. Cependant, en raison des "difficultés logistiques et sécuritaires" imposées par les extrémistes, seulement 2 300 moutons avaient atteint la capitale au dimanche 24 mai, soit trois jours avant l’Aïd.

Bien que des moutons soient présents à Bamako, leur nombre est nettement inférieur à la normale. Un économiste malien estime que la quantité disponible représente "peut-être la moitié de la moyenne habituelle". Un professionnel du secteur confirme que "les marchés ont reçu environ 60 % des volumes habituels".

Plus préoccupant encore, les prix atteignent des niveaux très élevés. De nombreux habitants de la capitale qualifient unanimement ces tarifs d’"exorbitants et astronomiques".

Cette hausse ne se limite pas aux animaux d’élevage, mais touche également les produits alimentaires de base comme l’huile, le sucre et les épices, consommés traditionnellement pendant la fête.

Cette inflation alimentaire aggrave la baisse du pouvoir d’achat, conséquence d’années de sanctions régionales, du retrait progressif des partenaires occidentaux et de la réorientation du budget vers l’effort militaire. Les ménages à revenus modestes, majoritaires en milieu urbain, font face à cette crise en réduisant leurs achats, en mutualisant leurs ressources ou en renonçant à certains produits.

La crise alimentaire est accentuée par une pénurie chronique d’électricité. La société malienne d’énergie, confrontée à des difficultés d’approvisionnement et à une infrastructure vieillissante, recourt de plus en plus à des délestages.

Ces coupures, qui durent plusieurs heures voire plus d’une demi-journée, compliquent la conservation de la viande après l’abattage, fragilisent les petites entreprises de quartier et affaiblissent la cohésion sociale d’une fête traditionnellement consacrée au rassemblement familial.

Pour les autorités de transition, l’Aïd al-Adha 2026 représente un test majeur de crédibilité. La capacité à sécuriser les principales voies d’importation est désormais un enjeu de stabilité sociale. Plusieurs analystes régionaux soulignent que la stratégie de strangulation économique adoptée par Ansar Dine s’inspire de méthodes déjà utilisées au Burkina Faso voisin, où des villes secondaires comme Djibo ont subi un siège similaire pendant plusieurs mois.

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