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L'économie en exil : comment Washington coupe les artères financières de l'Iran en Europe ?

Washington et des pays européens, notamment la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, préparent des sanctions ciblant les réseaux financiers iraniens en Europe. L'objectif est de démanteler les structures économiques soutenant le régime iranien.

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L'économie en exil : comment Washington coupe les artères financières de l'Iran en Europe ?
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Des sources diplomatiques occidentales ont révélé un alignement entre Washington et des pays européens, au premier rang desquels la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, pour lancer des listes de sanctions imminentes contre Téhéran dans le cadre de l'opération « l'économie en exil ».

La majeure partie de ces sanctions se concentrera sur des entreprises et bureaux disposant de canaux bancaires dans des pays européens, qui collaborent commercialement avec d'autres entités iraniennes dans l'exportation et le transport du pétrole ainsi que dans le transfert des recettes vers des entités liées au Corps des gardiens de la révolution.

Les sources diplomatiques ont indiqué à Al-Araby que Washington travaille en collaboration avec l'Union européenne afin de renforcer le blocus économique et la poursuite internationale du réseau financier iranien, visant à « démanteler les structures solides » de ce système.

Cela témoigne également, selon les mêmes sources, d'une alliance qui s'étendra à des pays asiatiques et d'autres du Moyen-Orient, afin de resserrer l'étau autour des points clés de la « flotte fantôme » iranienne, tout en exerçant une pression sur les pays soutenant Téhéran et les nations hésitant à s'engager ouvertement dans l'application de sanctions contre elle.

Des sources occidentales ont affirmé que les listes de sanctions « finalisées » cibleront des entités et des individus, tant iraniens qu'ayant des liens multiples avec le régime à Téhéran.

Une partie de ces sanctions sera appliquée via la mise en œuvre de la mécanique « Snapback », tandis qu'une autre sera menée conjointement par les États-Unis et l'Europe, parallèlement à l'assomption par le département du Trésor américain d'un autre volet de missions relatives à l'élaboration et à l'application de sanctions « unilatérales ».

Le ministre américain du Trésor, Scott Bessent, a annoncé officiellement l'adhésion de l'Union européenne à l'initiative américaine visant à isoler économiquement l'Iran, soulignant que Washington et ses alliés cherchent à priver Téhéran d'accès au système financier mondial.

Un haut diplomate américain a déclaré à Al-Araby que la coordination entre l'Europe et les États-Unis se concentrerait principalement sur les entités et entreprises gérant des opérations de contrebande de pétrole au profit du régime iranien ou y participant directement.

Il a précisé que ces entités restent encore des points clés pour Téhéran, justifiant ainsi la nécessité de poursuivre leurs chaînons et les acteurs facilitant les transferts financiers, notamment les banques dont une grande partie se situe hors d'Europe, mais qui interviennent à certaines étapes du transfert via des établissements bancaires européens.

Le diplomate proche de responsables de la Maison-Blanche a expliqué que les sanctions que les pays européens participants à l'opération « l'économie en exil » imposeront à l'Iran ont été concertées avec Washington, dans le but de traquer le réseau financier et commercial par lequel passent les revenus d'entités affiliées au régime iranien, dont l'objectif est de lui offrir un « souffle économique » actuel.

Le diplomate américain a ajouté que les listes de sanctions liées en partie à la mécanique « Snapback » visent à démanteler les « structures solides » du réseau économique extérieur iranien.

Washington agit à sa mesure, mais l'activation concrète du gel de ces voies se fera surtout à travers le système financier central de l'Union européenne, qui dispose d'une base de données permettant de suivre les canaux bancaires impliqués dans les entreprises frontalières, les modifications de données de cargaison et les intermédiaires « complexes ».

Un diplomate français et ancien responsable de l'OTAN affirme qu'il existe des considérations sécuritaires qui freinent les Européens dans leur volonté de s'engager pleinement avec Washington dans la mise en place d'un programme de sanctions efficace et durable contre l'Iran, notamment le fait que Trump a classé le rôle européen dans cette initiative comme « effet secondaire ».

Le diplomate français a déclaré à Al-Araby que si la contribution européenne à l'opération américaine était complète, elle aurait un impact plus important sur la détection des réseaux de transport du pétrole iranien, les maillons de vente et l'introduction des revenus financiers dans des sociétés frontalières couvrant les mouvements de transfert vers des entités liées au Corps des gardiens de la révolution et des personnalités proches du régime iranien.

L'Union européenne maintient des sanctions indépendantes contre l'Iran pour plusieurs raisons, notamment le soutien de Téhéran à Moscou dans la guerre en Ukraine, les questions relatives aux droits humains et le programme nucléaire.

Elle a également élargi le cadre juridique des sanctions afin de cibler ceux qu'elle considère responsables de la menace portée à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, dans un contexte de nouvelle escalade actuelle de la part de l’Agence internationale de l’énergie atomique contre Téhéran concernant son programme nucléaire.

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