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Les attaques dans le détroit d’Hormuz perturbent la stratégie iranienne
Quatre jours d’attaques dans le détroit d’Hormuz ont fragilisé le fragile cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, mettant en péril les négociations nucléaires.

Une série d’attaques survenues pendant quatre jours dans le détroit d’Hormuz, menées par l’Iran et les États-Unis, a mis en danger le récent cessez-le-feu conclu dans un conflit que les deux parties souhaitent voir s’achever.
Selon des analystes cités par le New York Times, cette action était indispensable pour l’Iran malgré les risques qu’elle fait peser sur le processus de détente.
Le journal souligne que la capacité iranienne à perturber le trafic dans ce passage maritime crucial pour l’économie mondiale constitue un levier de pression essentiel que Téhéran ne peut se permettre de perdre, que ce soit dans le cadre des négociations ou en cas de conflit avec Washington.
La semaine dernière, l’Organisation maritime internationale des Nations unies et le sultanat d’Oman ont défini une nouvelle route à travers le détroit, qui traverse exclusivement les eaux territoriales omanaises.
Cette initiative menace le pilier central de la stratégie iranienne, à savoir son contrôle exclusif du détroit.
Ali Vaez, principal analyste pour l’Iran au sein de l’International Crisis Group, a déclaré : « Dans le meilleur comme dans le pire des cas, ils ont besoin de cette influence. »
L’Iran cherche à alléger les sanctions sévères qui lui sont imposées depuis plusieurs années, dans l’éventualité où un accord nucléaire serait conclu.
Ce dernier devrait probablement inclure la remise ou la dilution de son stock d’uranium enrichi, une matière pouvant servir à la fabrication d’armes nucléaires.
Le détroit d’Hormuz représente un test de survie pour l’accord américano-iranien, soumis à son épreuve la plus difficile.
Dans un scénario défavorable, certains responsables iraniens suspectent que l’administration Trump aurait conclu un accord préliminaire avec Téhéran uniquement pour gagner du temps, afin d’alléger la pression économique avant les élections de mi-mandat américaines, avant de revenir à la guerre ensuite.
Si tel était le cas, l’Iran aurait de nouveau besoin de sa capacité à semer le chaos dans le détroit.
Des experts régionaux estiment que Téhéran craint que ce recul soit précisément la situation que Washington aurait tenté de provoquer la semaine dernière.
Farzan Sabahi, analyste iranien à l’Institut d’études avancées de Genève, observe : « Les Iraniens ont compris qu’ils perdaient le contrôle », et ils commencent à réaliser que leur influence ne fonctionne que « durant la guerre et un cessez-le-feu hostile, alors que les hostilités persistent ».
C’est pourquoi, selon ces spécialistes, la réaction iranienne à la nouvelle route maritime a été très rapide, notamment avec une attaque jeudi contre un porte-conteneurs battant pavillon singapourien.
Téhéran n’a pas revendiqué cette attaque ni celle d’un autre navire ciblé samedi, qui ont provoqué des ripostes militaires américaines, suivies de représailles iraniennes contre des objectifs américains dans le Golfe.
Les autorités iraniennes estiment que les voies maritimes créées dans les eaux omanaises contredisent l’article 5 du mémorandum d’entente signé avec Washington, qui a établi la base du cessez-le-feu.
Du point de vue iranien, les analystes affirment que la route organisée par Oman et l’Organisation maritime internationale, sans consultation de Téhéran, constitue une violation qu’il fallait contester.
Elly Giranmayeh, analyste iranienne responsable de l’Observatoire nucléaire iranien au Conseil européen des relations étrangères, explique que la volonté de l’Iran de raviver le conflit au cœur du processus de paix reflète l’attitude des nouveaux dirigeants du pays, qui veulent démontrer leur disposition à conclure un accord avec Washington autant qu’à faire la guerre.
Elle rappelle que l’ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué au début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran en février, adoptait une stratégie de « ni guerre ni paix », évitant longtemps une confrontation directe avec Washington tout en empêchant des négociations de haut niveau.
Selon Giranmayeh, les élites politiques entourant son fils et successeur, Mojtaba Khamenei, « ont une appétence différente pour le risque ».
Malgré les violations répétées du cessez-le-feu, l’Iran et les États-Unis ont des raisons valables de poursuivre les négociations.
Pour l’administration Trump, la guerre est impopulaire sur le plan intérieur, et un retour au conflit risquerait d’aggraver la crise énergétique mondiale.
Pour l’Iran, confronté à une catastrophe économique, la levée des sanctions pétrolières et la libération possible de milliards de dollars d’avoirs gelés représentent des incitations majeures.
La majorité des analystes politiques anticipent que Washington et Téhéran prolongeront la période initiale de négociation de 60 jours sur plusieurs mois, mais la recrudescence des violences pourrait empêcher tout progrès significatif dans ce fragile processus de paix.
Plus les négociateurs seront contraints de gérer les menaces pesant sur l’accord provisoire, moins ils disposeront de temps pour conclure un accord global mettant fin au conflit et aboutissant à un accord nucléaire.
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