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Le PDG de Mitsui OSK Lines estime que la navigation dans le détroit d’Hormuz ne reprendra pas normalement avant plusieurs semaines, malgré l’accord entre les États-Unis et l’Iran.

Le président de la plus grande entreprise mondiale d’exploitation de pétroliers a averti que le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz ne retrouvera pas son rythme habituel dans un avenir proche, malgré l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran pour rouvrir ce passage stratégique. Il a souligné que le secteur attend que cet accord se traduise par des faits concrets sur le terrain avant de risquer de renvoyer des navires dans la région.
Dans une interview accordée au journal britannique Financial Times, le directeur général de la société japonaise Mitsui OSK Lines (MOL), Gotaro Tamura, a déclaré que « les opérateurs de navires ont besoin d’observer des signes tangibles confirmant la stabilité de la sécurité dans le détroit, et non un simple accord politique entre les parties concernées ».
Il a ajouté que « la reprise du trafic maritime exige un accord réel, qui se reflète sur le terrain dans le détroit d’Hormuz, afin de donner aux compagnies maritimes la confiance nécessaire pour renvoyer leurs navires dans ce passage qui est resté presque fermé depuis fin février ».
Gotaro Tamura a mis en garde que le retour à la normale du trafic dans le détroit d’Hormuz ne se produira que lorsque les armateurs seront convaincus que l’accord américano-iranien est effectif, rappelant que plusieurs tentatives de réouverture du détroit ont déjà échoué.
Il a évoqué les mois passés marqués par plusieurs tentatives infructueuses de rétablir la navigation depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, ce qui a poussé les compagnies maritimes à adopter une attitude plus prudente.
Selon lui, il faudra « au moins deux semaines, voire un mois entier », avant que la circulation maritime ne revienne à un niveau normal, même après la signature prévue de l’accord vendredi prochain.
Bien que cet accord ait contribué à apaiser les marchés de l’énergie et à faire baisser le prix du baril de Brent, les compagnies maritimes continuent de surveiller de près la situation sur le terrain avant de prendre leurs décisions.
Mitsui OSK Lines exploite plus de 900 navires, dont plus de 200 pétroliers transportant du pétrole brut, des produits pétroliers et des produits chimiques, ce qui en fait le premier opérateur mondial de pétroliers en nombre de navires.
Face à l’accumulation de navires dans ce passage maritime crucial, les compagnies et propriétaires de navires ont appelé l’Organisation maritime internationale (OMI) des Nations unies à coordonner le transit d’environ 500 navires qui attendent de quitter la zone via le détroit.
Le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a indiqué que « l’organisation évalue actuellement la possibilité de reprendre la navigation en toute sécurité, en tenant compte des risques potentiels tels que les mines marines et la congestion qui pourrait entraîner des accidents ».
Il a précisé que l’OMI poursuit ses efforts pour établir un couloir sécurisé afin d’évacuer les marins bloqués depuis plus de 100 jours.
Donald Trump a annoncé que le détroit d’Hormuz serait ouvert à tous après la signature de l’accord avec l’Iran, prévue dimanche.
Par ailleurs, la société allemande Hapag-Lloyd, l’une des plus grandes compagnies de transport de conteneurs au monde, a qualifié les nouvelles concernant l’accord de paix d’« encourageantes » et a exprimé l’espoir que ses navires bloqués puissent quitter le détroit durant le week-end.
Cependant, Philip Belcher, directeur maritime de l’association Intertanko, représentant l’industrie des pétroliers, a appelé à la prudence et à la réalisation d’une évaluation indépendante des risques pour chaque navire avant de reprendre la navigation.



