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Les États-Unis réaffirment leur soutien à l’Arménie face à une influence russe croissante avant les élections
Les États-Unis appuient la souveraineté arménienne alors que Moscou intensifie ses efforts pour affaiblir le Premier ministre Pashinian avant les législatives du 7 juin.

Les États-Unis ont renouvelé leur soutien à la souveraineté de l’Arménie et à ses institutions démocratiques, alors que des responsables occidentaux expriment des inquiétudes au sujet d’une campagne russe croissante visant à affaiblir le Premier ministre Nikol Pashinian avant les élections législatives imminentes dans le pays.
Interrogé par « Radio Europe Libre » sur des rapports d’ingérences étrangères et des mises en garde de parlementaires américains, un porte-parole du département d’État américain a insisté sur le fait que l’avenir politique de l’Arménie doit être décidé uniquement par ses citoyens. Ce scrutin, prévu pour la fin de la semaine, est largement perçu comme un référendum sur l’orientation géopolitique du pays.
Les sondages anticipent une victoire confortable du parti « Contrat civil », dirigé par Pashinian, lors des élections du 7 juin.
Le porte-parole a déclaré le 3 juin : « Nous sommes au courant des reportages médiatiques concernant des ingérences étrangères dans le processus politique en Arménie. Le peuple arménien a le droit de choisir ses dirigeants et de tracer son avenir. »
Ces déclarations interviennent alors que les relations entre Washington et Erevan se renforcent, comme en témoigne la signature cette semaine d’un accord-cadre de coopération lié au projet « Route Trump pour la paix et la prospérité internationale » (TRIPP).
Le 4 juin, le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, a annoncé avoir signé cet accord-cadre avec les États-Unis, après que le secrétaire d’État américain Marco Rubio eut paraphé le document suite à son élaboration initiale lors d’une visite à Erevan la semaine précédente.
Le département d’État américain a qualifié l’initiative de « composante cruciale et durable pour la paix et la prospérité en Arménie et dans la région du Caucase du Sud ».
Parallèlement, des responsables occidentaux ont souligné une inquiétude grandissante face à une ingérence russe dans les affaires arméniennes. Depuis la « révolution de velours » de 2018, le gouvernement Pashinian s’est progressivement éloigné de sa dépendance exclusive à Moscou, notamment en suspendant sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective dirigée par la Russie, en renforçant sa coopération avec des partenaires occidentaux, et en concluant un accord de paix médiatisé par les États-Unis avec l’Azerbaïdjan.
Moscou perçoit ces évolutions comme une menace à son influence traditionnelle dans une zone qu’elle considère comme relevant de sa sphère d’influence historique.
Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde la semaine dernière contre un « scénario ukrainien » possible pour l’Arménie en raison de son orientation vers l’intégration européenne.
Devant la commission des relations étrangères du Sénat américain, Marco Rubio a affirmé que « les Russes sont mécontents de notre engagement là-bas » et que « nous disposons de preuves qu’ils souhaitent la défaite du Premier ministre actuel aux élections à cause de ce rapprochement avec les États-Unis ».
Le secrétaire d’État a précisé que Washington ne cherche pas à éloigner l’Arménie de ses autres partenaires, mais à soutenir sa capacité à mener une politique étrangère indépendante. « Nous ne cherchons pas à restreindre la souveraineté de l’Arménie, ni à lui demander de rompre ses liens avec d’autres pays », a-t-il ajouté.
Dans le même temps, des rapports indiquent que la Russie intensifie ses efforts pour empêcher la réélection de Pashinian. L’agence Reuters, citant des sources de renseignements occidentaux et des documents consultés, a révélé que Moscou mène des campagnes de désinformation et des opérations d’influence occultes, ainsi que des discussions sur le transfert d’un grand nombre d’Arméniens résidant en Russie afin qu’ils votent pour ses adversaires.
Ces opérations impliqueraient des réseaux médiatiques factices destinés à miner le soutien au gouvernement arménien et à promouvoir des récits favorables à la Russie.
Récemment, la Russie a également averti l’Arménie du risque de perdre l’accès à du gaz naturel subventionné, en plus d’imposer des restrictions sur les importations de produits agricoles arméniens.
Selon des responsables occidentaux, le candidat préféré de Moscou est le milliardaire Samvel Karapetyan, actuellement jugé en Arménie pour des accusations liées à l’appel à renverser le gouvernement, ce qu’il nie.
Des analystes estiment que la Russie considère le renforcement des liens entre l’Arménie et l’Occident comme un défi stratégique direct. Des recherches font état d’opérations de désinformation étendues visant le paysage électoral arménien.
Dans ce cadre, des experts jugent que la priorité russe est d’empêcher une intégration plus profonde de l’Arménie dans les institutions occidentales.
Des analyses occidentales recommandent que la réponse américaine la plus efficace soit d’accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ainsi que celle du cadre TRIPP, tout en augmentant les investissements occidentaux pour soutenir la transformation économique du pays.
D’autres observateurs soulignent que Moscou cherche à faire tomber Pashinian à travers des moyens économiques, médiatiques et diplomatiques variés, dans le cadre d’une lutte plus large pour l’influence dans la région du Caucase du Sud.
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