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Libye : polémique après l'annonce d'un « gouvernement tiers » à Genève avec des figures inconnues

À Genève, l'apparition d'un prétendu « gouvernement tiers » libyen composé de personnalités inconnues suscite controverse et rejet, tandis que l'ONU dément tout lien.

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Libye : polémique après l'annonce d'un « gouvernement tiers » à Genève avec des figures inconnues
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Des groupes de Libyens peu connus sur la scène politique ont émergé à Genève, en Suisse, pour annoncer la désignation d’un président d’un « troisième gouvernement » libyen, provoquant de nombreux débats et moqueries. Certains y voient une tentative de se positionner dans le futur processus de règlement en brouillant les pistes des initiatives onusienne et américaine.

La mission d’appui des Nations unies en Libye a rapidement démenti toute implication dans ces réunions ou auprès des organisateurs de ce rassemblement à Genève. Cette dernière avait pourtant joué un rôle antérieur dans la préparation des négociations politiques entre les parties libyennes sous l’égide internationale et onusienne. L’accord de Genève de 2021 avait abouti à la formation d’une autorité exécutive unifiée, regroupant le gouvernement d’Abdel Hamid Dbeibah et le Conseil présidentiel présidé par Mohamed al-Menfi.

Les participants à ce forum politique, ainsi que les organisateurs de l’initiative, ont désigné Mustafa al-Majdoub comme président d’un gouvernement libyen unifié, selon leur dénomination. Le comité préparatoire, composé de 60 membres issus des trois régions libyennes — 20 représentants par région —, rassemble des partis politiques et des organisations de la société civile afin d’élaborer une vision politique nationale pour une nouvelle étape.

Les organisateurs affirment que cette démarche émane d’une volonté libyenne indépendante, fondée sur un dialogue national excluant les initiatives internationales.

Mustafa al-Majdoub a demandé à la commission du dialogue politique un délai de quatre mois pour œuvrer à l’unification de la Libye et de ses institutions. Il a également annoncé son intention de réduire le taux de change du dollar à 4 dinars et de constituer un gouvernement restreint sans ministres délégués.

Al-Majdoub a précédemment exercé comme commandant de la brigade d’infanterie au sein du gouvernement d’entente nationale dirigé par Fayez al-Sarraj. Il est réapparu sur la scène politique durant le gouvernement Dbeibah, ayant soumis sa candidature à l’élection présidentielle de 2021.

Plus récemment, il se présente sur sa page officielle certifiée comme titulaire d’un doctorat en droit et d’un master en économie, sans préciser les universités où il a soutenu ces diplômes.

Parmi les autres figures libyennes impliquées et les organisateurs, plusieurs restent inconnus, notamment ceux se désignant comme la mission préparatoire internationale et l’ONG internationale de lutte contre la corruption et la criminalité organisée basée à Genève, présidée par le politicien libyen Abdel Baset al-Qadhi.

La présidente du parti Mouvement national, Leila Ben Khalifa, a également participé aux réunions à Genève. Elle a annoncé sa candidature à la présidence de la Libye, déposé son dossier auprès de la commission nationale des élections et a été nommée ministre des Affaires étrangères dans ce gouvernement autoproclamé.

Le chercheur libyen Omar al-Jabali al-Obaidi a qualifié cette réunion de Genève de rassemblement de personnalités inconnues, dépourvues de base populaire ou de légitimité juridique, et a dénoncé la prétendue désignation de Mustafa al-Majdoub comme chef d’un nouveau gouvernement.

Dans une déclaration à « Erem News », il a souligné que cette initiative s’est déroulée sans aucun accord ni coordination avec les acteurs influents sur le terrain en Libye, ignorant délibérément la mission d’appui des Nations unies en Libye, qui supervise habituellement les processus de dialogue conformément aux résolutions du Conseil de sécurité, telles que la résolution 2510.

Des activistes estiment que la Libye n’a pas besoin aujourd’hui de changer de noms, mais plutôt de modifier son approche, de consolider ses institutions, de mettre fin à la division et d’unifier les efforts nationaux pour bâtir un État stable capable de répondre aux attentes de ses citoyens.

Cette annonce intervient alors que les États-Unis intensifient leur activité diplomatique pour former une autorité exécutive unifiée, en parallèle avec le processus onusien en difficulté. Le comité dit « 4+4 » est engagé dans son quatrième mois sans parvenir à un accord définitif, malgré des déclarations récurrentes sur des avancées concernant la restructuration du Conseil de la commission nationale suprême des élections et un consensus sur la loi électorale présidentielle. Ces accords restent cependant à formaliser par un document signé, préalable à la formation d’un gouvernement unifié.

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