Monde
Pakistan et Afghanistan échangent des accusations après frappes transfrontalières
Des frappes menées par l'armée pakistanaise en Afghanistan ont provoqué une montée des tensions, avec des protestations officielles et des accusations croisées entre Kaboul et Islamabad.

Les tensions entre l'Afghanistan et le Pakistan ont augmenté après que les forces pakistanaises ont mené des frappes à l'intérieur du territoire afghan. En réaction, Kaboul a convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade pakistanaise pour lui remettre une protestation officielle vigoureuse, tandis que les deux gouvernements s'accusent mutuellement d'être responsables des attaques visant les intérêts pakistanais sur leur sol.
Le correspondant de la chaîne Al Jazeera à Kaboul, Nasser Chadid, a rapporté que les autorités afghanes ont convoqué le chargé d'affaires pakistanais pour lui remettre une lettre de protestation qualifiée de « très ferme », dénonçant ces frappes comme une « violation de la souveraineté afghane » et condamnant la mort de civils à la suite de ces opérations.
Selon Chadid, les autorités afghanes ont fait état de 36 morts et 163 blessés à la suite des frappes qui ont visé trois provinces afghanes : Paktia, Paktika et Kunar. Elles ont précisé que les zones touchées étaient des zones résidentielles et non des sites militaires.
La mission des Nations unies en Afghanistan, UNAMA, a confirmé dans un communiqué la présence de femmes et d'enfants parmi les victimes, ce qui a conduit le gouvernement afghan à insister sur le fait que ces régions ne sont pas des camps de la « faction talibane pakistanaise ». Kaboul a également rejeté toute responsabilité dans les opérations menées par ce groupe sur le territoire pakistanais.
Le correspondant a ajouté que le gouvernement afghan a présenté des images des victimes, incluant des enfants, des femmes et des hommes, affirmant que ces frappes constituent une agression contre son territoire et sa population.
La version pakistanaise
De son côté, le directeur du bureau d'Al Jazeera à Islamabad, Abderrahman Matar, a indiqué que la version pakistanaise diffère. Les autorités pakistanaises affirment que ces frappes étaient une réponse à une attaque armée contre le siège des forces de la gendarmerie dans la ville de Karachi, capitale de la province du Sindh, dans le sud du pays.
Les autorités pakistanaises ont déclaré avoir identifié les auteurs de l'attaque, précisant que trois d'entre eux ont été tués et un quatrième arrêté. Selon la version officielle, ces individus sont de nationalité afghane et appartiennent au groupe « Al-Ahrar », que Islamabad qualifie d'organisation terroriste.
Le ministre pakistanais de l'Information a annoncé que les forces pakistanaises ont ciblé des sites du groupe « Al-Ahrar » dans la province de Kunar, ainsi que des équipements militaires, des munitions et un dépôt d'armes dans la province de Paktika. Il a confirmé, via la plateforme « X », la mort de plusieurs membres de ce groupe.
Selon le directeur du bureau d'Al Jazeera à Islamabad, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a également convoqué le chargé d'affaires afghan pour lui remettre une protestation officielle, accusant le gouvernement afghan de tolérer la présence de groupes armés sur son territoire, que Islamabad accuse de planifier des attaques au Pakistan depuis l'Afghanistan.
Le gouvernement pakistanais a demandé aux autorités afghanes de prendre des mesures contre ces groupes et de remettre les personnes recherchées, soulignant que ce dossier reste l'un des principaux points de discorde entre les deux pays.
Alors que Kaboul affirme que les frappes pakistanaises ont visé des civils et violé sa souveraineté, Islamabad maintient qu'elles s'inscrivent dans le cadre de la poursuite de groupes armés opérant depuis le territoire afghan, ravivant ainsi les tensions sécuritaires à la frontière entre les deux États.
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