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La Pologne envisage d'exploiter le nouveau gisement de pétrole « Volin East » dans la mer Baltique, une initiative vue comme essentielle pour sa sécurité énergétique, tandis que l'Allemagne s'y oppose, craignant les impacts environnementaux et touristiques.

La Pologne s'apprête à exploiter le gisement récemment découvert « Volin East » en mer Baltique, une mesure qu'elle juge nécessaire pour renforcer sa sécurité énergétique, alors qu'elle fait face à des objections allemandes et des avertissements sur les effets du projet sur l'environnement et le tourisme régional.
Le gisement se situe à environ six kilomètres de la ville côtière de Świnoujście, à un emplacement visible depuis l'île allemande d'Usedom. Les estimations initiales indiquent que le gisement contient environ 22 millions de tonnes de pétrole brut et près de cinq milliards de mètres cubes de gaz naturel économiquement exploitables.
Cette découverte suit des forages menés par la société canadienne Central European Petroleum en juillet de l'année dernière, à une profondeur dépassant 2 500 mètres.
Le PDG de l'entreprise, Rolf G. Scar, a qualifié cette découverte de « moment historique » pour le secteur énergétique polonais.
L'exploitation régulière devrait commencer entre 2028 et 2029, selon les déclarations du géologue en chef polonais, Krzysztof Galusz. Ce gisement pourrait couvrir entre 4 et 5 % des besoins annuels de la Pologne en pétrole, renforçant ainsi son indépendance énergétique et réduisant sa dépendance aux importations.
À Świnoujście, le projet suscite une inquiétude large quant aux impacts des opérations d'extraction sur l'environnement marin et le secteur touristique, avec des appels à préserver la nature et l'attractivité de la région.
En Allemagne, un collectif d'organisations environnementales et citoyennes plaide pour interdire tout nouveau projet d'extraction de combustibles fossiles en mer Baltique. Ce collectif regroupe des filiales d'organisations reconnues telles que l'Union allemande pour l'environnement et la protection de la nature, l'Organisation allemande d'aide environnementale, le Fonds mondial pour la nature, ainsi que l'initiative « Heimat für Pommern ».
Une pétition demandant l'arrêt des projets nouveaux a recueilli près de 88 000 signatures à la fin juillet, et doit être présentée à la Commission européenne en septembre.
Les organisations mettent en garde contre des risques tels que le bruit sous-marin, les fuites de polluants et le risque d'accidents pétroliers dans des zones marines protégées.
Le directeur exécutif de l'Organisation allemande d'aide environnementale, Sasha Müller-Krainer, a appelé les gouvernements allemands et l'Union européenne à agir ensemble pour protéger la baie de Poméranie. Il a souligné que les forages exploratoires ne sont pas encore un projet d'extraction autorisé, et doivent rester ainsi, exigeant l'interdiction de toute nouvelle extraction au large d'Usedom.
Avec l'approche des élections en Mecklembourg-Poméranie, les pressions augmentent sur les partis politiques pour clarifier leurs positions sur le projet, dans un contexte de conflit manifeste entre les intérêts polonais en matière de sécurité énergétique et les revendications des organisations environnementales allemandes pour protéger la mer Baltique.
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