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PHL-191 : un système d'artillerie chinois lance des munitions à fragmentation aérienne
La Chine a dévoilé un système PHL-191 capable de tirer des munitions à fragmentation aérienne lors d’un exercice avec munitions réelles.

La Chine a présenté un système d’artillerie capable de tirer des munitions explosant en vol, lancé depuis le lance-roquettes multiple à longue portée modulaire PHL-191, au cours d’un entraînement avec munitions réelles. Cette démonstration souligne l’accent mis par Pékin sur la neutralisation de cibles dispersées sur le champ de bataille, plutôt que sur des frappes uniquement précises contre des objectifs spécifiques.
Un extrait vidéo diffusé le 19 juillet par China Military Online et le ministère chinois de la Défense montre que l’armée chinoise élargit ses capacités de soutien de feu à longue distance. Elle développe des effets destinés à perturber les concentrations de troupes, les positions de défense aérienne et les équipements faiblement protégés sur une zone étendue, renforçant ainsi sa capacité à façonner l’environnement de combat avant le lancement d’opérations majeures, selon le site Army Recognition.
Le schéma de dispersion des éclats observé lors de l’explosion en vol, combiné au design modulaire du lanceur PHL-191, indique que ce système peut utiliser des roquettes guidées et des munitions à longue portée variées, adaptées aux exigences des différentes missions opérationnelles.
Bien que la Chine n’ait pas révélé le type exact ni les caractéristiques techniques des roquettes, cette présentation illustre une tendance croissante à l’emploi de tirs de précision à longue portée, intégrés à des réseaux de reconnaissance et de ciblage. Cela améliore la capacité à réprimer les forces ennemies, compliquer leurs déplacements et soutenir la formation du champ de bataille dans des conflits futurs à haute intensité.
La vidéo montre le lancement d’une salve de roquettes suivi de plusieurs explosions concentrées dans la zone ciblée. Elle inclut apparemment une scène d’explosion des munitions au-dessus ou près du sol, provoquant une dispersion d’éclats sur une large surface, au lieu de s’appuyer uniquement sur des effets d’impact direct.
Le PHL-191 est un lance-roquettes multiple sur roues à conception modulaire, pouvant être équipé de différentes unités de lancement selon la nature de la mission et le type de munitions employées.
Les sources ouvertes utilisent des dénominations variées pour ce système. La base de données ODIN de l’armée américaine classe le PHL-191 dans la famille PHL-16/PCL-191, avec une version dotée de roquettes de calibre 370 mm. Le rapport de défense américain de 2025 inclut la famille PHL-16/PCH-191/AR-3 parmi les systèmes modernes de soutien de feu des forces terrestres chinoises.
La comparaison des images du lanceur apparu dans la vidéo du 19 juillet avec les systèmes Type 191 présentés lors des défilés militaires chinois suggère que le véhicule était probablement équipé de roquettes de calibre 370 mm.
Le lanceur semble disposer de deux modules de lancement, chacun contenant quatre roquettes, soit un total de huit roquettes, configuration associée aux munitions de 370 mm, contrairement aux configurations pour roquettes plus petites de 300 mm ou aux roquettes tactiques plus grandes.
Ce système à huit tubes avait été montré lors de la parade nationale chinoise en 2019, tandis que deux prototypes du système modulaire Type 191 avaient été exposés lors du défilé de la victoire en septembre 2025.
La détermination précise du type de lanceur dans la vidéo reste une estimation technique, faute d’angles de prise de vue variés et de séquences plus longues.
Si cette évaluation est correcte, la vidéo constituerait une rare démonstration de l’utilisation du PHL-191 avec des munitions à fragmentation explosant en vol dans un contexte d’entraînement opérationnel.
Le design modulaire du système permettrait aux batteries de passer de roquettes guidées pour cibler des zones ou objectifs spécifiques à des roquettes tactiques plus lourdes destinées à frapper des cibles plus profondes, fortifiées ou de haute valeur.
L’importance opérationnelle de la vidéo réside dans la combinaison d’un tir concentré et d’effets répétés d’explosion en vol.
Le Pentagone devra examiner sérieusement la menace posée par le missile chinois DF-17, capable de détruire des porte-avions à environ 1000 miles.
Plusieurs explosions à des altitudes et emplacements proches au-dessus de la zone cible correspondent à une ogive conçue pour disperser des éclats contre des personnels exposés, véhicules légers, équipements radar et autres actifs dispersés.
Les munitions à explosion en vol réduisent l’impact des reliefs du terrain et améliorent la répartition de la puissance destructive, mais ne conviennent pas à toutes les cibles. Les installations fortifiées, centres enterrés ou véhicules blindés lourds nécessitent des ogives différentes ou des effets d’impact direct.
La vidéo ne précise pas si l’explosion est déclenchée par un détonateur programmable, un capteur de proximité ou un autre mécanisme, ni ne permet d’évaluer la précision du système.
Le PHL-191 combine une mobilité terrestre rapide et la capacité "tir et déplacement", similaire à celle du système américain HIMARS M142, avec un lanceur modulaire double plus proche du M270A2 en nombre de roquettes prêtes à tirer, sans toutefois être un équivalent direct de ces deux modèles.
Les estimations indiquent que le système chinois peut lancer des roquettes guidées de 300 mm avec une portée d’environ 150 km, des roquettes de 370 mm entre 280 et 350 km, tandis que la version tactique de 750 mm peut atteindre entre 480 et 500 km.
Un récent reportage vidéo diffusé par la télévision officielle chinoise (CCTV) a montré un exercice inédit des forces terrestres chinoises.
En comparaison, les systèmes américains HIMARS et M270 peuvent tirer des roquettes GMLRS M30A1 équipées d’une ogive alternative utilisant des éclats de tungstène préformés pour un effet large sans recourir à des munitions à sous-munitions classiques.
Les roquettes ER GMLRS sont conçues pour une portée d’environ 150 km, tandis que les roquettes de frappe de précision permettent des frappes profondes au-delà de 400 km.
Bien que la vidéo chinoise montre un effet similaire de suppression de zone, l’absence de données indépendantes sur la portée, la précision et le schéma de dispersion des éclats empêche une comparaison définitive des capacités.
Les images témoignent d’une focalisation accrue sur les missions de suppression en tant que tâche autonome. Les munitions explosant en vol peuvent être utilisées pour perturber les manœuvres ennemies, neutraliser des formations dispersées, endommager les éléments exposés des batteries de défense aérienne et limiter le mouvement dans les zones de rassemblement ou les passages tactiques.
Face aux positions de défense aérienne, la suppression ne nécessite pas toujours la destruction complète de chaque lanceur. Endommager une antenne radar, un véhicule de communication, un groupe électrogène ou un équipage exposé peut temporairement neutraliser la mission, offrant une opportunité aux avions, missiles ou autres formes de bombardement ultérieur.
Des effets similaires peuvent être employés avant des attaques automatisées pour contraindre les défenseurs à se mettre à l’abri, ralentir leurs déplacements et compliquer l’arrivée de renforts.
Cela correspond aux opérations de formation en profondeur, où la reconnaissance et les frappes à longue portée influencent le combat rapproché avant l’engagement décisif des unités de manœuvre.
L’impact stratégique principal réside dans la possibilité d’intégrer les effets des ogives évolutives dans un réseau plus vaste reliant capteurs, systèmes de lancement, et commandement.
Un lanceur modulaire ne peut exploiter pleinement la portée de ses munitions qu’avec un appui de renseignements de haute qualité, des communications fiables, des systèmes de guidage, des drones ou autres capteurs, une évaluation post-frappe et une logistique capable de recharger et déplacer les batteries.
La taille des roquettes PHL-191 et leur signature au lancement exposent le système à des radars anti-batterie, à la surveillance aérienne, au renseignement électronique et à des frappes précises après tir.
Les forces aériennes américaines ont annoncé leur intention de solliciter des offres pour le programme de missile air-air longue portée AFLRW.
La valeur du système sur le champ de bataille dépendra autant de la rapidité de tir, du contrôle des émissions, du camouflage, des leurres et des stocks de munitions que de sa portée.
Les images publiées montrent l’effet final sur la cible, sans révéler la structure de reconnaissance, de commandement, de contrôle et de soutien qui sous-tend l’engagement.
La fragmentation aérienne des munitions est particulièrement utile contre des cibles dispersées sur une large zone, pouvant contraindre les unités à se disperser, interrompre leurs déplacements ou rester sous couverture pendant que d’autres moyens frappent des cibles plus fortifiées.
L’efficacité opérationnelle du système dépendra des renseignements en temps opportun, des communications efficaces, des coordonnées précises des cibles et des évaluations post-frappe, éléments absents des séquences publiées.
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