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Qalibaf : Téhéran n'approuvera aucun accord avec Washington sans garanties pour les Iraniens
Mohammad Baqer Qalibaf affirme que l'Iran n'acceptera pas d'accord avec les États-Unis sans protection des droits du peuple iranien.

Le président du Conseil de la Choura et principal négociateur iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a déclaré dans une vidéo diffusée par la télévision officielle que l’Iran ne ratifiera aucun accord avant d’être certain que les droits du peuple iranien seront préservés.
Téhéran a fixé un seuil clair dans ses négociations avec Washington, affirmant qu’elle n’acceptera aucun compromis qui ne réponde pas à ses exigences fondamentales. Cette position intervient alors que des signes laissaient penser ces derniers jours que les deux parties étaient proches d’un accord, malgré des différends persistants concernant le dossier nucléaire, la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et les fonds iraniens gelés.
Mohammad Baqer Qalibaf a insisté sur le fait que l’Iran conditionne son approbation à la garantie de ses revendications essentielles. Ses propos interviennent dans un contexte où les interrogations sur l’avenir des négociations s’intensifient, notamment après que des médias américains ont rapporté que l’administration du président Donald Trump avait apporté de nouvelles modifications au projet soumis à Téhéran.
Dans la vidéo diffusée par la télévision d’État, Qalibaf a répété que Téhéran ne validera aucun accord sans s’assurer de la sauvegarde des droits du peuple iranien.
Par ailleurs, le journal « The New York Times » a indiqué que Donald Trump avait adressé à l’Iran une nouvelle proposition comportant des conditions plus strictes, alors que les discussions semblaient jusqu’ici évoluer vers un compromis. Des sources américaines ont précisé que tout ajustement de la proposition actuelle pourrait entraîner un retard supplémentaire dans des négociations qui ont déjà duré plusieurs semaines, marquées par des échanges difficiles et des tensions politiques.
Le site Axios a également rapporté que Washington avait adopté une position plus ferme sur plusieurs points jugés essentiels, notamment ceux liés aux matières nucléaires iraniennes.
Dans une interview enregistrée récemment et diffusée samedi par la chaîne Fox News, Donald Trump a affirmé avoir obtenu des garanties de Téhéran selon lesquelles l’Iran ne posséderait pas d’arme nucléaire. Il a expliqué que les Iraniens lui avaient d’abord assuré qu’ils ne fabriqueraient pas d’arme nucléaire, puis confirmé qu’ils n’en achèteraient pas non plus.
Trump a déclaré : « Je ne suis pas pressé. Lentement mais sûrement, je pense que nous obtenons ce que nous voulons », ajoutant que la situation pourrait évoluer différemment si Washington ne parvenait pas à ses objectifs dans ces négociations.
En parallèle des discussions, Washington maintient un ton ferme envers Téhéran. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé samedi que les États-Unis étaient prêts à reprendre les hostilités contre l’Iran si les négociations n’aboutissaient pas aux résultats escomptés.
Le dossier nucléaire reste l’un des principaux points de tension entre les deux parties. Washington accuse Téhéran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, accusation que l’Iran dément en soulignant que la résolution définitive de cette question doit intervenir après la conclusion de l’accord actuellement en négociation.
Les différends ne se limitent pas au nucléaire. Le détroit d’Ormuz demeure un sujet majeur de discorde. Après que l’Iran a fermé ce passage stratégique le 28 février au début du conflit, les États-Unis ont réagi en imposant un blocus aux ports iraniens, tout en rejetant la gestion iranienne de ce corridor maritime vital.
Le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé samedi avoir neutralisé un navire tentant d’accoster dans un port iranien en ciblant sa salle des machines avec un missile.
De leur côté, des marins cités par l’agence Tasnim ont indiqué que la marine américaine continue d’empêcher les navires commerciaux iraniens de naviguer.
Le Corps des gardiens de la révolution iranien a annoncé dimanche avoir abattu un drone américain qu’il accusait de s’apprêter à pénétrer dans les eaux territoriales iraniennes pour mener des « opérations hostiles ». Aucune réaction immédiate américaine n’a été rapportée.
Sur le plan économique, l’Iran réclame également la libération de plusieurs milliards de dollars d’avoirs gelés aux États-Unis. La télévision iranienne, citant une version non officielle d’un projet d’accord, a indiqué que celui-ci prévoit la libération de 12 milliards de dollars dans un délai de soixante jours.
Donald Trump a cependant affirmé vendredi qu’aucun transfert de fonds ne serait effectué « jusqu’à nouvel ordre », ajoutant un nouvel obstacle aux négociations.
Outre les dossiers nucléaire et économique, Téhéran souhaite intégrer dans l’accord un volet relatif au conflit entre Israël et le Hezbollah dans le sud du Liban. L’Iran demande un cessez-le-feu dans cette guerre déclenchée le 2 mars, estimant que la gestion de ce dossier fait partie des conditions nécessaires à un accord global avec Washington.
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