Monde
Le Département de la Justice américain a accepté de suspendre les poursuites pénales contre Sue Mi Terry, ex-analyste de la CIA accusée d'avoir agi comme agent non enregistré pour la Corée du Sud.

Le Département de la Justice américain a approuvé la suspension des poursuites pénales contre Sue Mi Terry, ancienne analyste de la Central Intelligence Agency (CIA) et ex-fonctionnaire du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche, qui était accusée d'avoir agi en tant qu'agent non enregistré au profit de la Corée du Sud en échange de biens de luxe et d'autres cadeaux.
En vertu d'un accord de sursis aux poursuites, le bureau du procureur fédéral pour le district sud de New York a annoncé la suspension des accusations pénales figurant dans l'acte d'accusation émis par un grand jury en juillet 2024.
Selon Reuters, l'accord prévoit le classement définitif de l'affaire après 12 mois, à condition que Terry respecte un ensemble de conditions, notamment des restrictions sur ses voyages et ses communications avec le gouvernement sud-coréen.
Les détails de l'accord ont été présentés mardi dans une notification de quatre pages déposée auprès du tribunal de district américain à Manhattan, sans que le Département de la Justice n'offre d'explication claire à sa décision de suspendre l'affaire, se contentant de noter que le sursis servait les intérêts des États-Unis et ceux de Terry.
L'acte d'accusation imputait à Terry d'avoir reçu des cadeaux du gouvernement sud-coréen en échange de la promotion de positions politiques adoptées par Séoul, de la divulgation d'informations non publiques à des responsables de ses services de renseignement, ainsi que de faciliter l'accès de responsables sud-coréens à leurs homologues américains.
Selon les accusations, l'activité présumée de Terry au profit de la Corée du Sud a débuté en 2013, deux ans après son départ du service public américain, et a duré environ 10 ans, y compris la période où elle travaillait comme chercheuse principale au Council on Foreign Relations, spécialisée dans les affaires de l'Asie de l'Est et de la péninsule coréenne. Le conseil l'avait mise en congé sans solde après l'émission de l'acte d'accusation.
Terry faisait face à des accusations de non-enregistrement conformément à la loi sur l'enregistrement des agents étrangers et de complot pour violer cette loi.
Terry a nié toute malversation. Son avocat, Lee Wolosky, avait déclaré précédemment que sa cliente était une critique sévère du gouvernement sud-coréen et que les poursuites étaient dues à son travail en tant que chercheuse indépendante et analyste médiatique.
L'accord évite à Terry le risque d'une condamnation pénale immédiate ou d'une peine de prison, quelques semaines seulement avant la date prévue pour le début de son procès, selon le New York Times.
Le journal a cité Wolosky indiquant, en réaction à l'accord, que l'équipe de défense avait maintenu sa position selon laquelle les interactions de Terry avec les responsables sud-coréens visaient à servir les intérêts américains et relevaient de son rôle d'experte américaine de premier plan sur la Corée du Nord et l'Asie de l'Est.
Bien que l'accord ne comporte pas d'aveu de culpabilité de la part de Terry, celle-ci a reconnu avoir aidé les responsables du renseignement sud-coréen de plusieurs manières, notamment en partageant des notes préparées pour une réunion tenue en 2022 entre de hauts fonctionnaires du département d'État américain et des experts en politique concernant la Corée.
Elle a également admis avoir accepté des sacs à main de marques de luxe d'une valeur supérieure à 9 200 dollars, 19 repas dans des restaurants gastronomiques, ainsi que des paiements totalisant 37 000 dollars pour un programme de politique publique spécialisé dans les affaires coréennes qu'elle dirigeait.
L'acte d'accusation précisait que ces avantages lui avaient été offerts sous forme de cadeaux par des responsables du renseignement sud-coréen.



