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Washington envisage de réintégrer les pétroliers sanctionnés

L'administration Trump étudie la levée des restrictions sur les navires liés à la Russie pour stabiliser le marché du diesel, malgré les critiques internationales.

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Washington envisage de réintégrer les pétroliers sanctionnés
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L'administration américaine examine actuellement une stratégie visant à autoriser la vente de navires sous sanctions, notamment ceux associés à la Russie, à des opérateurs légitimes. Cette initiative inclurait une phase ultérieure de levée des restrictions imposées à ces embarcations.

Des sources proches du dossier indiquent que l'équipe du président Donald Trump cherche ainsi à réinsérer ces bâtiments dans le circuit commercial mondial. Cette démarche répond aux difficultés rencontrées pour contenir la flambée récente des prix du diesel.

Le mécanisme envisagé consisterait à transférer la propriété des unités sanctionnées vers des acteurs conformes aux normes, avant d'alléger progressivement les contraintes juridiques pesant sur elles. L'objectif affiché est d'accroître la capacité de transport disponible pour le brut et les produits raffinés.

Cette augmentation de l'offre logistique devrait théoriquement contribuer à réduire les coûts de fret, un facteur qui pèse directement sur le prix final des carburants.

Doutes sur l'efficacité réelle

Plusieurs analystes expriment toutefois leur scepticisme quant à l'impact concret d'une telle mesure sur la baisse des prix à la pompe. Selon le cabinet de conseil Energy Aspects, entre 13 % et 19 % de la flotte mondiale de pétroliers fait l'objet de sanctions américaines.

L'état vétuste de ces navires et leur entretien insuffisant limitent fortement les bénéfices potentiels d'une réhabilitation rapide. La société estime qu'une remise en service immédiate n'augmenterait pas significativement la capacité opérationnelle du parc commercial principal.

Par ailleurs, la majorité des unités visées par les mesures restrictives en raison de liens avec Moscou ou Caracas ont continué leurs activités commerciales durant les trois derniers mois. Le groupe de recherche Kpler anticipe un effet quasi nul sur la crise actuelle des capacités de transport.

Kpler souligne que la hausse des tarifs résulte principalement de l'intensification des risques géopolitiques au Moyen-Orient, plutôt que d'une simple pénurie de tonnage disponible.

Réactions politiques divergentes

La semaine précédente, Donald Trump avait annoncé une suspension temporaire des sanctions frappant le diesel russe. Cette décision a suscité de vives protestations parmi les alliés européens ainsi qu'auprès de sénateurs américains républicains et démocrates.

Ces derniers ont qualifié la manœuvre de « cadeau à notre adversaire et trahison envers nos alliés ». Mercredi, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a critiqué le plan d'achat de diesel auprès de la Russie, le jugeant « extrêmement risqué ».

Meloni a ajouté que cette politique affaiblit la pression internationale exercée sur Vladimir Poutine pour mettre fin au conflit en Ukraine. Dans la foulée, le département du Trésor américain a délivré une licence autorisant diverses opérations sur le diesel d'origine russe jusqu'au 7 avril 2027.

Ce permis couvre la vente, le transport, la livraison, le déchargement et l'importation de ce combustible. Des médias locaux rapportent que les cargaisons concernées pourraient atteindre le territoire américain dans un délai de deux semaines.

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