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Washington envisage une intervention militaire au Mali contre Al-Qaïda

Les États-Unis étudient une option militaire au Mali pour cibler le groupe lié à Al-Qaïda, ce qui ferait du pays la huitième cible américaine sous Trump.

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Washington envisage une intervention militaire au Mali contre Al-Qaïda
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L'administration du président américain Donald Trump examine la possibilité d'intervenir militairement au Mali afin de s'attaquer au groupe "Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin", affilié à Al-Qaïda, selon des responsables américains actuels et anciens cités par le Washington Post.

Si cette décision se concrétise, le Mali deviendrait le huitième pays à faire l'objet d'opérations militaires américaines ordonnées par Trump depuis le début de son second mandat, témoignant de l'intérêt croissant de Washington pour les menaces armées dans la région du Sahel africain.

Cette option reste débattue au sein de l'administration américaine. Certains responsables privilégient le recours à la force contre cette organisation considérée comme l'une des plus dangereuses en Afrique de l'Ouest, tandis que d'autres mettent en garde contre les conséquences sécuritaires et politiques complexes d'une intervention directe.

Un groupe armé en expansion dans le Sahel

Le groupe "Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin" est l'une des factions armées les mieux organisées et équipées dans la région du Sahel. Il a renforcé son influence au Mali ces dernières années avant d'étendre ses opérations aux pays voisins de la côte ouest-africaine.

Cette organisation est accusée d'avoir mené des attaques de grande ampleur contre les forces gouvernementales et les civils, et d'avoir imposé des sièges sur des zones et des axes routiers stratégiques, perturbant ainsi le commerce et l'approvisionnement à l'intérieur du pays.

Cette montée en puissance intervient alors que la région du Sahel, au sud du Sahara, est devenue un foyer majeur d'activités pour les groupes extrémistes, avec une influence grandissante d'organisations liées à Al-Qaïda et à l'État islamique.

Une situation sécuritaire et politique fragile au Mali

Le Mali fait face depuis plusieurs années à une crise sécuritaire et politique profonde, marquée par des coups d'État militaires qui ont renversé des gouvernements élus et détérioré ses relations avec plusieurs pays occidentaux.

Le gouvernement militaire malien s'appuie de plus en plus sur le soutien russe pour lutter contre les groupes armés, après une diminution de la coopération avec ses partenaires occidentaux. Initialement, les autorités maliennes ont fait appel à des éléments du groupe Wagner, avant que la collaboration ne se déplace vers des unités rattachées au ministère russe de la Défense.

Ce partenariat a suscité de nombreuses critiques, notamment des accusations contre les forces russes de violations des droits des civils lors d'opérations sécuritaires, accusations rejetées par Moscou.

Des risques de conséquences inattendues

Des experts spécialisés dans la région du Sahel avertissent que des frappes américaines ne garantiraient pas nécessairement la fin des menaces posées par ces groupes armés, qui pourraient adapter leurs tactiques ou élargir leurs cibles.

Plusieurs spécialistes estiment que la seule approche militaire n'a pas fait ses preuves, rappelant l'intervention française débutée en 2013, qui a affaibli certains chefs de groupes armés sans empêcher la persistance des organisations extrémistes dans la zone.

Par ailleurs, certains analystes redoutent qu'affaiblir "Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin" ne profite à son rival, l'État islamique, qui pourrait ainsi étendre son influence au Sahel, la concurrence entre ces deux groupes limitant jusqu'ici leur expansion respective.

Washington entre action militaire et diplomatie

L'administration américaine considère le terrorisme dans la région du Sahel comme une menace nécessitant une coopération régionale, appelant ses partenaires africains et alliés internationaux à soutenir les efforts pour contrer les groupes armés.

Cependant, certains experts estiment que le rôle le plus efficace des États-Unis pourrait être la médiation politique et l'appui aux processus de dialogue interne au Mali, plutôt que l'engagement dans des opérations militaires directes susceptibles de compliquer davantage la situation.

Des analystes soulignent que toute intervention américaine serait délicate en raison de la présence de forces russes dans le pays, ce qui pourrait engendrer des difficultés pour éviter des confrontations entre Washington et Moscou dans une région où la rivalité pour l'influence s'intensifie.

La décision d'engager des frappes américaines au Mali reste en cours d'examen, avec des divergences au sein de l'administration quant à la meilleure manière de répondre à la menace croissante des groupes armés dans le Sahel.

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