Monde
Washington et Bagdad discutent d'un projet américain de restructuration du Hachd al-Chaabi
Un projet de réforme sécuritaire et militaire est en cours de discussion entre Washington et Bagdad, visant à intégrer le Hachd al-Chaabi dans une nouvelle structure ministérielle unifiée. Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large de contrôle des armes et de réorganisation des relations entre l'État irakien et les groupes armés.

Un responsable irakien a révélé l’existence d’un projet de réforme sécuritaire et militaire actuellement débattu entre Bagdad et Washington. Ce plan prévoit la création d’un nouveau ministère englobant plusieurs forces de sécurité et militaires, y compris le Hachd al-Chaabi, dans le but de mieux contrôler les armes et de réorganiser les liens entre l’État et les factions armées.
Cette démarche intervient alors que les pressions américaines et occidentales s’intensifient sur Bagdad concernant la question des armes hors du contrôle étatique. Elle coïncide également avec les discussions politiques et sécuritaires qui ont suivi la formation du gouvernement du Premier ministre Ali al-Zaidi, dans un contexte marqué par des craintes de voir l’Irak redevenir un théâtre de conflits régionaux ouverts.
Un projet piloté par des figures américaines de haut rang
Selon une source interrogée par "Irm News", le général américain David Petraeus, ancien commandant des forces américaines en Irak et ex-directeur de la CIA, a présenté lors de sa récente visite à Bagdad un ensemble de propositions pour ce nouveau cadre sécuritaire. Ces idées ont été transmises à des responsables influents au sein de la coordination irakienne.
Le projet américain prévoit la création d’un ministère de la sécurité ou de la défense réunissant la police fédérale, le Hachd al-Chaabi et les forces de réaction rapide dans une structure unifiée placée sous l’autorité directe de l’État. Les discussions se poursuivent quant à l’intégration éventuelle des forces peshmergas kurdes dans cette nouvelle organisation.
Objectifs et implications de la réforme
La finalité principale de ce projet est de restructurer l’appareil militaire irakien afin de réduire la multiplicité des centres de pouvoir et d’éliminer l’existence de formations autonomes liées à des intérêts politiques ou confessionnels en dehors des institutions officielles.
Le Premier ministre Ali al-Zaidi devrait informer l’administration américaine des progrès réalisés sur ce dossier, soit lors d’une visite prévue à Washington, soit par des échanges directs dans les semaines à venir. Ce dossier est l’un des plus suivis par les autorités américaines depuis plusieurs années.
Transformation du Hachd al-Chaabi en entité militaire officielle
La nature exacte du rôle du général Petraeus en Irak reste à préciser, même si des rumeurs circulent sur une possible mission spéciale ou une nomination en tant qu’envoyé américain à Bagdad. Les discussions actuelles penchent vers la transformation du Hachd al-Chaabi en une direction militaire intégrée à la structure sécuritaire officielle, dirigée par un général de l’armée irakienne, excluant les actuels chefs des factions armées.
Le plan prévoit une coupure progressive des liens entre cette entité et les groupes armés, avec un financement exclusivement étatique. Les groupes non intégrés dans cette structure seraient écartés, marquant ainsi une première étape d’un projet à long terme.
Un cadre légal et institutionnel renforcé
Les débats ne concernent pas la dissolution immédiate du Hachd al-Chaabi, mais plutôt sa redéfinition en tant qu’institution militaire totalement subordonnée à la chaîne de commandement officielle, à l’image des modèles militaires traditionnels observés dans plusieurs pays.
Cette orientation fait suite à une évaluation conjointe américano-irakienne qui a identifié la prolifération des centres de décision sécuritaire comme un facteur de risque pour la stabilité du pays, particulièrement après les récents conflits israélo-iraniens et les tensions qui en ont découlé.
Perspectives et obstacles à la mise en œuvre
La commission politique et sécuritaire chargée du désarmement des factions armées, comprenant notamment l’ancien Premier ministre Mohammed Chiaa al-Soudani, le chef de l’organisation Badr Hadi al-Amiri, et le Premier ministre actuel Ali al-Zaidi, a suspendu ses réunions récemment, en attendant de clarifier les accords présentés par Petraeus et d’évaluer les réactions des chefs des factions, certains restant réservés face à un projet susceptible de réduire leur influence militaire ou politique.
Les discussions reprendront prochainement avec une plus grande clarté, sous des contraintes temporelles et des pressions extérieures accrues, dans un contexte où les États-Unis souhaitent réorganiser de manière globale le dossier sécuritaire irakien.
Depuis plusieurs mois, les cercles politiques irakiens évoquent la montée des pressions américaines pour restructurer les institutions sécuritaires et militaires, accompagnées d’appels répétés à concentrer les armes sous le contrôle exclusif de l’État et à mettre fin à la multiplication des formations armées, notamment à la lumière des récents développements sécuritaires dans la région.
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