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Inflammation quasi doublée dès le premier stade du syndrome CKM

Une étude sur plus de 4 000 adultes américains révèle une hausse marquée de la protéine C-réactive dès l'apparition d'un excès de graisse corporelle.

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Inflammation quasi doublée dès le premier stade du syndrome CKM
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L'analyse de données nationales américaines met en évidence une augmentation significative de la protéine C-réactive ultra-sensible (hs-CRP), marqueur sanguin de l'inflammation, au tout début du syndrome cardio-réno-métabolique (CKM). Cette hausse est particulièrement prononcée lors du passage du stade sans facteur de risque au stade caractérisé par un excès ou une mauvaise qualité de la graisse corporelle.

Les chercheurs ont examiné les dossiers de 4 315 adultes issus de l'enquête nationale NHANES menée entre 2015 et 2018. L'échantillon, représentatif de la population américaine, affichait un âge moyen de 48 ans et comptait autant d'hommes que de femmes. Le niveau moyen de hs-CRP a quasiment doublé entre le stade 0 et le stade 1, franchissant le seuil critique de 2 mg/L, souvent utilisé pour signaler un risque cardiovasculaire accru.

Ce pic initial constitue la variation la plus importante observée à travers l'ensemble des stades du syndrome. À partir du stade 1, les concentrations moyennes restent supérieures à ce seuil, n'augmentant que modérément au stade 2 avant de se stabiliser. Le syndrome CKM, introduit par l'American Heart Association en 2023, relie les maladies cardiaques, rénales, l'obésité et le diabète de type 2. Il progresse du stade 0 (absence de facteurs de risque) aux stades 3 et 4 (maladies cardiaques établies).

Implications pour la prévention précoce

Douglas R. Corsi, auteur principal de l'étude et médecin à la Rutgers Robert Wood Johnson Medical School, souligne que l'inflammation était déjà élevée dès la première étape, avant même l'apparition du diabète, des problèmes rénaux ou cardiaques. Selon lui, c'est précisément à ce moment que les interventions offrent la plus grande marge de manœuvre pour modifier l'évolution de la maladie.

Andrew Agbaje, directeur de recherche associé à l'Université de Finlande orientale, insiste sur l'intérêt d'une prévention anticipée. Il suggère soit de traiter directement l'inflammation, soit de réduire la masse grasse via des changements alimentaires et de mode de vie, en utilisant le test sanguin peu coûteux hs-CRP pour suivre le risque. Les auteurs précisent toutefois que la hs-CRP doit être vue comme un signal d'alerte mesurable plutôt que comme une cible thérapeutique en soi.

L'étude, publiée dans l'European Journal of Preventive Cardiology et présentée au congrès de la Société européenne de cardiologie 2026, repose sur une analyse transversale. Elle démontre une association mais ne permet pas d'établir un lien de causalité direct prouvant que l'inflammation fait progresser le syndrome. Des travaux longitudinaux et des essais cliniques portant sur la prévention précoce sont désormais nécessaires pour confirmer ces hypothèses.

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