Santé
Plus d'un tiers des vacanciers britanniques souffrent de troubles digestifs à l'étranger, un phénomène que le Dr Nick Burr explique par des causes bactériennes et des perturbations de routine.

Une étude récente menée par Saga Travel Insurance auprès de 500 vacanciers britanniques révèle que 36 % d'entre eux ont subi des maux de ventre durant leurs congés au cours des douze derniers mois. Ce trouble, couramment désigné sous le terme de « travel tummy », affecte significativement la qualité des séjours à l'étranger pour une part importante des voyageurs.
Les données collectées indiquent que la diarrhée touche près de la moitié des personnes interrogées (49 %), tandis que 8 % rapportent des problèmes intestinaux lors de chaque déplacement. Face à ces symptômes, 35 % des vacanciers se tournent d'abord vers les pharmacies locales, alors que 30 % effectuent des recherches sur Internet et 8 % consultent une intelligence artificielle avant de solliciter un avis médical professionnel.
Le Dr Nick Burr, gastro-entérologue chez LivingCare, précise que la diarrhée du voyageur résulte généralement de bactéries, notamment Escherichia coli, ingérées via des aliments ou de l'eau contaminés. Cette exposition est fréquente dans certaines régions d'Asie, d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amérique centrale ou du Sud. Les manifestations cliniques incluent selles liquides, crampes abdominales, ballonnements et nausées, apparaissant souvent durant la première semaine du séjour.
La sécurité de l'eau potable varie considérablement selon les infrastructures sanitaires locales. Dans les pays où le réseau est obsolète, il est recommandé de privilégier l'eau en bouteille. Le NHS souligne que l'ébullition reste la méthode la plus fiable pour éliminer bactéries et virus. Des filtres à eau de 0,2 à 1 micron peuvent retirer les parasites avant une désinfection chimique par iode ou chlore, bien que cette dernière soit moins efficace qu'une ébullition suivie d'un refroidissement en contenant stérile.
La cuisine locale constitue un facteur déclencheur cité par 44 % des répondants. Selon le Dr Burr, les sources d'infection potentielles comprennent l'eau non traitée, les glaçons, les buffets, les fruits de mer crus, la viande insuffisamment cuite et les plats laissés à température ambiante. Il conseille toutefois de ne pas renoncer aux découvertes culinaires, en privilégiant les établissements fréquentés servant des plats chauds fraîchement préparés.
La diarrhée, signalée par 28 % des voyageurs britanniques, expose au risque majeur de déshydratation lorsque les pertes hydriques dépassent les capacités de réhydratation corporelle. Le spécialiste avertit que l'alcool et la caféine aggravent ce phénomène tout en ayant un effet laxatif ; leur consommation doit donc être limitée pendant les phases aiguës. De même, l'exercice physique intense ralentit la récupération, imposant repos, hydratation et alimentation légère.
Pour prévenir la déshydratation, les solutions de réhydratation orale sont recommandées. En l'absence de sachets commerciaux, le Dr Burr propose une recette maison : six cuillères à café rases de sucre et une demi-cuillère à café de sel dissoutes dans un litre d'eau propre.
Au-delà des infections, les modifications des habitudes quotidiennes jouent un rôle déterminant. Une perturbation prolongée du sommeil, de l'hydratation, de la consommation d'alcool, du stress ou du régime alimentaire peut accroître la sensibilité digestive, particulièrement chez les personnes sujettes au syndrome de l'intestin irritable (SII). L'enquête note que 34 % des malades attribuent leurs symptômes au stress lié au voyage et 27 % aux longs trajets.
Lors des vols, les changements de pression en cabine, la déshydratation, l'immobilité et le manque de sommeil contribuent aux inconforts abdominaux. Michelle Cooper, directrice de Saga Travel Insurance, suggère de marcher dans l'allée toutes les deux heures sur les longs courriers pour stimuler la circulation sanguine et la digestion.
Les individus atteints de diabète, de maladies rénales, de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin ou d'immunodépression présentent une vulnérabilité accrue aux complications rapides. La préparation préalable s'avère cruciale, incluant la vérification rigoureuse des couvertures d'assurance voyage. Il est impératif de déclarer toute condition médicale existante lors de la souscription du contrat.
Bien que la majorité des cas soient bénins, certains nécessitent une intervention médicale locale ou un appel au service de téléconsultation 24h/24 proposé par certains assureurs. Michelle Cooper insiste sur l'importance de consulter rapidement plutôt que d'attendre le retour au Royaume-Uni, car les coûts de soins à l'étranger, surtout dans les systèmes privés, peuvent s'envoler. Elle recommande de vérifier si la police couvre les services de traduction médicale.
En cas d'urgence, le Foreign, Commonwealth and Development Office met à disposition une liste de médecins anglophones et d'établissements de santé à travers le monde. Il convient également de contacter les services d'urgence locaux dès que nécessaire.



