Santé
Un endocrinologue explique comment les hormones perturbent le sommeil et quelles habitudes nocturnes adopter pour mieux dormir.

Le sommeil est une affaire d’hormones, et certaines habitudes du soir peuvent le compromettre gravement. Le Dr Ilya Barsukov, spécialiste en endocrinologie, détaille comment l’équilibre hormonal influence la qualité du repos nocturne : la mélatonine favorise l’endormissement, tandis qu’un excès d’hormones thyroïdiennes, de cortisol, d’adrénaline ou de noradrénaline maintient l’organisme en état d’éveil.
L’action des hormones sur le sommeil n’est pas uniforme, insiste le médecin. Certaines participent directement à la régulation du sommeil, d’autres agissent sur la vigilance, le métabolisme ou la capacité à maintenir un cycle normal. Une approche globale des fonctions corporelles est donc nécessaire.
La mélatonine est l’hormone la plus directement liée au sommeil, rappelle Barsukov. Sa production naturelle exige un environnement spécifique : obscurité totale, absence de caféine et de boissons stimulantes, et dernier repas pris bien avant le coucher. Il recommande aussi d’éloigner les appareils électroniques des enfants deux à trois heures avant le sommeil et d’aérer la chambre.
Les troubles du sommeil ne se limitent pas à la mélatonine. La glande thyroïde, via ses hormones, influence la vigilance et le métabolisme. L’impact varie selon le déséquilibre : difficulté d’endormissement dans certains cas, ou somnolence diurne perturbant le cycle nocturne dans d’autres.
L’hyperthyroïdie, explique Barsukov, dégrade la qualité du sommeil par une stimulation excessive accélérant le métabolisme, rendant la personne irritable et incapable de s’endormir. À l’inverse, une hypothyroïdie sévère provoque une somnolence diurne – après le déjeuner ou en journée – qui complique l’endormissement la nuit.
Le cortisol, l’adrénaline et la noradrénaline, hormones du stress, nuisent au sommeil si leur taux ne baisse pas le soir. Le Dr Barsukov insiste sur la nécessité de réduire progressivement l’activité du système nerveux en fin de journée : éliminer les stimuli superflus, éviter les écrans, instaurer une routine calme et aménager une chambre apaisante.
« Les hormones du stress – cortisol, adrénaline, noradrénaline – affectent négativement le sommeil. Leur niveau diminue normalement le soir et atteint un pic au réveil pour nous réveiller rapidement et maintenir notre vigilance », précise Barsukov.
Il ajoute que des habitudes saines sont cruciales : se coucher à heure fixe si possible, et garantir une chambre confortable et sans stress pour éviter une sécrétion excessive de cortisol.
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