Santé
Face à l'augmentation des cancers chez les moins de 50 ans, un médecin généraliste détaille six habitudes saines et six comportements à abandonner.

De nouvelles données indiquent une progression significative de plusieurs types de cancers parmi les adultes de moins de 50 ans. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), 37 % des nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 2022 étaient liés à des facteurs évitables, tels que le tabac, l'alcool, le surpoids, la sédentarité, l'exposition aux rayons UV, la pollution de l'air ou certaines infections cancéreuses.
Dr Asiya Maula, médecin généraliste au cabinet The Health Suite, souligne que si certains aspects du risque échappent à notre contrôle, des ajustements durables du mode de vie peuvent faire une différence notable. Elle précise qu'il ne s'agit pas de viser une perfection sanitaire ni de culpabiliser les patients, car la génétique, l'âge, l'environnement et le hasard jouent également un rôle.
L'intégration d'une activité physique régulière figure parmi les mesures prioritaires. Le NHS recommande aux adultes 150 minutes d'activité modérée ou 75 minutes d'effort intense par semaine, complétées par des exercices de renforcement musculaire. Dr Maula explique que la marche, le vélo, la natation ou la danse sont aussi bénéfiques que la course à pied, l'essentiel étant de normaliser le mouvement plutôt que de le pratiquer uniquement dans un objectif de perte de poids.
La consommation quotidienne d'aliments riches en fibres est un autre levier efficace. Les céréales complètes, les légumineuses, les fruits et les légumes contribuent à réduire le risque de cancer colorectal et aident à maintenir un poids santé. La spécialiste conseille d'ajouter ces éléments aux repas plutôt que de se concentrer sur les restrictions alimentaires.
La protection contre les rayonnements ultraviolets reste cruciale. Le NHS préconise l'utilisation d'un écran solaire d'indice SPF 30 minimum, la recherche d'ombre et l'évitement des cabines de bronzage. Dr Maula insiste sur le fait que les coups de soleil répétés et le bronzage artificiel doivent être abandonnés au profit d'une routine incluant vêtements protecteurs et crème solaire lorsque le niveau d'UV est élevé.
Le respect des invitations de dépistage pour les cancers du col de l'utérus, du sein et colorectal est indispensable, même en l'absence de symptômes. Ces examens visent à détecter des anomalies précoces. Dr Maula rappelle que le dépistage ne dépend pas de la perception subjective d'un malaise par le patient.
Connaître ses antécédents familiaux permet d'ajuster la surveillance médicale. En cas de cancers récents chez des proches, notamment jeunes, il est conseillé d'en informer son médecin traitant. Le NHS recommande d'évoquer les tests génétiques si une histoire familiale significative ou un gène défectueux connu est présent.
Maintenir un poids corporel sain réduit le risque d'au moins 13 types de cancers, selon Cancer Research UK. L'approche doit être long-termiste, privilégiant de petits changements durables plutôt que des régimes extrêmes difficiles à suivre.
Le tabagisme demeure la première cause évitable de cancer mondial, responsable d'environ 15 % des nouveaux cas selon les analyses conjointes de l'OMS et du CIRC. Dr Maula encourage les fumeurs à solliciter des services d'aide au sevrage plutôt que de compter uniquement sur leur volonté.
Concernant l'alcool, aucune limite n'est totalement sûre pour la prévention du cancer. Cette substance est impliquée dans au moins sept types de cancers. Cancer Research UK advise que la réduction de la consommation diminue mécaniquement le risque. Il est recommandé d'inclure des jours sans alcool chaque semaine et d'éviter les excès ponctuels.
La consommation régulière de viandes transformées, comme le bacon, le jambon ou les saucisses, augmente le risque de cancer colorectal. Le WCRF identifie les régimes riches en viande rouge et transformée comme un facteur modifiable. Dr Maula nuance : ce n'est pas un sandwich occasionnel qui pose problème, mais la répétition dans le temps. Elle suggère de remplacer progressivement ces produits par des protéines végétales.
Enfin, éviter la sédentarité prolongée est essentiel, même pour les sportifs. Dr Maula note qu'une séance de sport ne compense pas entièrement des heures assises. Elle propose de se lever régulièrement, de marcher lors des appels téléphoniques et d'utiliser les escaliers. De plus, elle met en garde contre l'idée d'un bronzage « sain » via les cabines UV, recommandant les autobronzants si l'on souhaite conserver une apparence hâlée.
La vigilance face aux symptômes persistants est primordiale pour un diagnostic précoce. Une modification durable de l'état de santé ne doit pas être attribuée automatiquement au stress ou à l'âge. Dr Maula conclut en rappelant que réduire le risque et détecter tôt sont deux objectifs distincts mais complémentaires, invitant toute personne présentant des signes inhabituels ou aggravants à consulter son médecin.



