Santé
Une étude de NYU Langone Health suivant plus de 12 000 personnes depuis l’âge moyen de 56 ans montre que l’absence d’hypertension, de diabète de type 2 et de tabagisme prolonge la vie sans démence de 13,0 année en moyenne.

Une recherche menée par des scientifiques du centre NYU Langone Health à New York révèle qu’entretenir trois paramètres physiologiques spécifiques à l’âge de la cinquantaine permet de repousser l’apparition de la démence de plus de treize ans. Les chercheurs ont exploité les données de plus de 12 000 individus, dont l’âge moyen initial était de 56 ans, puis les ont suivis pendant environ trente ans.
L’équipe s’est concentrée sur trois critères : une pression artérielle dans les limites normales, l’absence de diabète de type 2 et la non-pratique du tabac. Les résultats indiquent que les participants ne présentant aucun de ces trois facteurs ont vécu en moyenne 30,1 années sans démence, contre seulement 17,1 années pour ceux qui cumulaient les trois conditions — soit un écart de 13,0 année supplémentaire de fonctionnement cérébral préservé.
Les analyses montrent également des différences selon le sexe : les femmes ont bénéficié d’une période moyenne de 18,1 année sans démence depuis le début de l’étude, tandis que les hommes ont connu 16,6 année. Sur le plan ethnique, les personnes identifiées comme blanches ont enregistré une durée moyenne de 19,6 année sans démence, contre 16,0 année pour celles identifiées comme noires — un écart cohérent avec des inégalités sanitaires documentées entre groupes raciaux.
Le Dr Joseph Currie, directeur de l’Institut du vieillissement optimal de NYU Langone et auteur principal de l’étude publiée dans la revue Neurology, souligne : « Nos résultats confirment qu’il est essentiel d’éviter activement ces facteurs de risque dès la cinquantaine, afin de protéger la santé cérébrale sur plus d’une décennie. J’espère que ces données inciteront les personnes à cesser de fumer et à surveiller rigoureusement leur santé vasculaire à partir de 45 ans. »
Cette étude intervient alors que le nombre mondial de cas de démence devrait doubler d’ici 2050, atteignant 153 millions selon les projections. Des spécialistes estiment toutefois qu’environ la moitié de ces cas pourraient être évités ou différés grâce à des interventions précoces. L’étude précise que les trois facteurs de risque concernés « apparaissent fréquemment à l’âge moyen » et « exercent des effets durables sur les maladies neurodégénératives », ce qui renforce la nécessité d’un dépistage précoce et d’une prise en charge efficace.
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