Santé
L'experte Svetlana Bornatskaïa démonte le mythe selon lequel une surconsommation de vitamine C renforcerait l'immunité, pointant plutôt des risques gastro-intestinaux et rénaux.

Svetlana Bornatskaïa, spécialiste en pathologies professionnelles, rappelle que si la vitamine C est indispensable au fonctionnement physiologique normal, son absorption en excès n'offre aucune protection contre les infections virales aiguës des voies respiratoires. Cette mise en garde intervient alors que plusieurs études scientifiques alertent sur le fait que les compléments de cette substance pourraient favoriser la croissance tumorale.
La praticienne observe une disponibilité massive de ces produits en pharmacie, particulièrement durant la saison hivernale. Elle qualifie d'erronée la croyance populaire selon laquelle consommer des comprimés effervescents ou des poudres pour « renforcer l'immunité » constituerait une bonne pratique sanitaire. L'idée qu'une augmentation de l'apport en antioxydants améliore mécaniquement la défense corporelle repose sur une simplification excessive pouvant engendrer des effets néfastes pour la santé.
« Les antioxydants contribuent à protéger les cellules contre les dommages, mais l'organisme n'a pas besoin de quantités massives », précise-t-elle. Le principe fondamental réside dans l'équilibre, non dans la logique du « plus c'est mieux ». Une idée reçue tenace suggère que l'élimination urinaire rend inoffensive toute dose excessive. Bien que hydrosoluble, cette vitamine ne peut être ingérée sans limites. Des apports élevés peuvent déclencher nausées, douleurs abdominales et diarrhées, tout en accroissant le risque de calculs rénaux chez les sujets prédisposés.
Selon l'experte, un régime alimentaire équilibré riche en fruits, légumes et baies suffit généralement à couvrir les besoins quotidiens. La prise de suppléments est recommandée uniquement en cas de carence confirmée ou de situations cliniques spécifiques. Les signes d'un apport excessif se manifestent principalement au niveau digestif sous forme de crampes et de troubles intestinaux. Il est donc préférable de respecter les dosages conseillés sans raison médicale valable.
Enfin, elle souligne que les antioxydants n'assurent pas une couverture totale contre toutes les maladies. Le corps régule lui-même son équilibre en substances protectrices. L'objectif de la vitaminothérapie n'est pas de remplacer une alimentation saine, un sommeil réparateur ou un traitement approprié, mais de compléter ces éléments lorsque le besoin réel est identifié.



