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Le prochain opus de Call of Duty ne sortira pas sur PS4 et Xbox One, mettant fin à 13 ans de compatibilité et forçant les joueurs à un lourd investissement.

Le prochain volet de la célèbre franchise de jeux de tir, Call of Duty, ne sera pas disponible sur PlayStation 4 et Xbox One. Cette décision, officialisée par l'éditeur américain Activision, marque la fin d'une ère de treize ans de compatibilité entre les générations de consoles et place des millions de joueurs devant un choix technique et financier difficile.
Le compte officiel de la série sur le réseau social X a mis fin aux spéculations le 4 mai dernier. En réponse à des rumeurs concernant des tests de ce qui était pressenti comme "Modern Warfare 4" sur les anciennes plateformes, la société a déclaré sans équivoque que "le prochain Call of Duty n'est pas développé pour la PlayStation 4".
Selon le site américain IGN, il s'agit du premier titre de la franchise à ne pas sortir sur les consoles de 2013 depuis Call of Duty: Ghosts. L'édition de l'année dernière, Black Ops 7, avait déjà été présentée comme le dernier adieu aux utilisateurs de machines vieillissantes.
Les experts du site britannique Eurogamer expliquent que les développeurs étaient confrontés à des limitations sévères imposées par les processeurs obsolètes de la PS4 et de la Xbox One. Abandonner ces plateformes leur permettra d'améliorer l'intelligence artificielle et de gérer des simulations physiques plus complexes, impossibles à exécuter sur l'ancien matériel.
Cette évolution technique devrait également réduire considérablement les temps de chargement, en s'appuyant entièrement sur la vitesse des SSD de la génération actuelle. Les joueurs peuvent s'attendre à des cartes plus denses, des environnements entièrement destructibles et des détails graphiques qui n'auront plus besoin d'être "réduits" pour fonctionner sur du vieux matériel.
Le moment choisi pour cette transition aggrave la situation. Des rapports financiers des groupes japonais Sony et Nintendo montrent que le marché du hardware subit une flambée des coûts sans précédent. La demande accrue de puces mémoire par les entreprises d'intelligence artificielle a fait doubler le prix des composants.
Sony a déjà augmenté le prix de la PlayStation 5 à 649,99 dollars aux États-Unis, soit une hausse de 150 dollars par rapport au prix de lancement. Parallèlement, les ventes de la PS5 ont chuté de 15,6% au début de cette année, signe que les consommateurs peinent à suivre la hausse des prix. Activision prend ainsi le risque de perdre une base de fans massive encore attachée à la PS4.
Le défi ne se limite pas au matériel. D'après le site français AllKeyShop, le prochain jeu devrait être vendu au prix plancher de 70 dollars, avec la suppression des éditions économiques qui existaient auparavant.
Des inquiétudes planent également sur un possible changement de politique de Microsoft concernant la disponibilité du jeu dès le premier jour sur le service Game Pass. Pour de nombreux joueurs, la pratique de leur loisir favori pourrait devenir un fardeau financier bien plus lourd.
Les observateurs estiment que cette décision d'abandonner les consoles les plus populaires de l'histoire de Sony et Microsoft n'est pas simplement technique. Elle résulte du croisement de crises géopolitiques et technologiques. Si les développeurs gagnent en liberté créative, une large partie des joueurs perd la capacité d'accéder au jeu le plus vendu au monde sans un investissement dépassant les 700 dollars, soit le prix de la console et du jeu réunis.



