Tech & Sciences
L'Université Chalmers propose une architecture dynamique pour les batteries électriques, permettant d'isoler les cellules faibles et d'étendre la longévité du pack.

L'Université Chalmers en Suède a présenté jeudi une conception destinée à pallier la dégradation inégale des batteries de véhicules électriques. Cette approche repose sur la modification dynamique des connexions entre les cellules au fil du vieillissement du pack.
Le principe consiste à contourner les éléments affaiblis afin d'exploiter pleinement la capacité résiduelle restante. Contrairement aux assemblages classiques où les composants s'usent de manière homogène, les batteries actuelles souffrent d'une hétérogénéité interne qui limite leur rendement global.
Les travaux académiques soulignent que cette disparité dans les packs à câblage fixe contraint l'utilisation effective des ressources énergétiques. Il en résulte souvent une fin de vie prématurée, alors que le potentiel théorique n'est pas totalement épuisé.
La solution technique intègre des interrupteurs électroniques pilotés par un système intelligent autour de chaque cellule. Ce dispositif permet d'inclure ou d'exclure dynamiquement un élément selon son état de santé, adaptant ainsi la configuration électrique aux variations internes.
Les simulations réalisées sur des modèles détaillés indiquent une extension possible de la durée de vie supérieure à 20 %. Ces bénéfices seraient particulièrement significatifs pour les applications à haute tension, telles que les camions électriques et les véhicules à longue autonomie.
L'analyse économique suggère également un report du remplacement des batteries et une meilleure valorisation des modules usagés. Toutefois, l'université précise que ce taux représente un plafond théorique atteint uniquement avec un contrôle individuel parfait dans des conditions idéales.
Dans la pratique industrielle, la gestion se fera probablement par groupes de cellules plutôt qu'élément par élément, ce qui réduira mécaniquement l'amplitude des gains obtenus. La distinction est cruciale entre la longévité totale du pack et l'autonomie quotidienne après recharge.
Un exemple issu du communiqué illustre ce point : pour une batterie de 80 kWh parcourant 12 000 km par an, le remplacement traditionnel intervient après dix ans. Avec l'architecture reconfigurable, cette échéance serait repoussée d'environ quatorze mois supplémentaires.
Cette donnée sert de comparaison hypothétique et ne constitue pas une garantie universelle d'allongement de l'autonomie. La technologie reste actuellement confinée aux prototypes de recherche et aux essais industriels préliminaires.
Aucun déploiement à grande échelle dans les véhicules de série n'est prévu à ce jour. Le surcoût lié à l'électronique embarquée supplémentaire pourrait être compensé par la prolongation de service et la valeur résiduelle accrue des packs en fin de cycle automobile.
Enfin, cette tolérance accrue aux différences entre cellules pourrait simplifier les exigences de tri lors de la fabrication. Elle ouvrirait aussi la voie à une réutilisation plus efficace des modules pour le stockage stationnaire d'énergie.



