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Des chercheurs de l’Université du Texas MD Anderson Cancer Center montrent que la protéine BRAF, impliquée dans le cancer, amplifie la douleur nerveuse chronique via les récepteurs NMDA dans la moelle épinière.

Une étude publiée le 25 août 2026 dans la revue Science Signaling révèle que la protéine BRAF, associée au développement de certains cancers, joue un rôle déterminant dans l’apparition et la persistance de la douleur neuropathique après une lésion nerveuse. Cette découverte ouvre une piste thérapeutique inédite : l’utilisation de médicaments anticancéreux déjà approuvés pour traiter la douleur nerveuse chronique.
La douleur neuropathique, souvent résistante aux traitements classiques, peut survenir à la suite d’un traumatisme, d’une maladie ou même de thérapies anticancéreuses salvatrices. L’équipe de recherche, codirigée par le professeur Shao-Rui Chen, chef du département d’anesthésiologie et de médecine périopératoire, et par Hui-Lin Pan, titulaire de la chaire Pamela et Wayne Garrison en anesthésiologie et médecine périopératoire, s’est concentrée sur les récepteurs NMDA — des canaux protéiques essentiels à la transmission des signaux nerveux dans le cerveau et la moelle épinière.
Dans des modèles précliniques de lésion nerveuse, les scientifiques ont observé que la protéine BRAF migrait depuis les cellules sensorielles périphériques jusqu’à leurs terminaisons dans la moelle épinière. Là, elle activait une cascade moléculaire augmentant l’activité des récepteurs NMDA. Une corrélation similaire a été détectée dans des échantillons de tissu spinal humain, renforçant le lien entre signalisation BRAF et hypersensibilité douloureuse.
Des expériences pharmacologiques ont confirmé ce mécanisme : le vémurafénib, inhibiteur de BRAF, et le séluémétinib, inhibiteur de MEK, ont tous deux réduit la sensibilité à la pression, au toucher et à la chaleur chez les modèles présentant une lésion nerveuse. Aucun effet n’a été constaté chez les sujets sains, indiquant une action ciblée sur la pathologie. Des approches génétiques ont complété ces résultats : la suppression du gène Braf atténuait la douleur persistante, tandis qu’une activation directe de BRAF déclenchait une hypersensibilité douloureuse même en l’absence de lésion.
« Nos travaux identifient la protéine BRAF, connue pour son rôle dans la cancérogenèse, comme un moteur central de la signalisation douloureuse pathologique après une atteinte nerveuse », a déclaré Hui-Lin Pan. « Comme les inhibiteurs de BRAF sont déjà autorisés pour le traitement du cancer, cette découverte permettrait de réorienter rapidement ces thérapies afin de réduire le flux de signaux douloureux vers la moelle épinière et d’améliorer significativement la qualité de vie des patients. »
Ces résultats restent précliniques. Avant toute évaluation clinique chez l’humain, les chercheurs devront définir les doses optimales, les voies d’administration appropriées et les effets secondaires potentiels. Ils cherchent également à élucider le mécanisme déclenchant la migration de BRAF des nerfs périphériques vers la moelle épinière après une lésion.
L’étude, intitulée « BRAF recruitment to spinal sensory synapses promotes neuropathic pain by potentiating transsynaptic NMDA receptor activity », a été financée par les National Institutes of Health et par la chaire Pamela et Wayne Garrison.



