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Les aliments ultra-transformés augmentent le risque de maladies cardiaques
Une nouvelle étude européenne établit un lien entre la consommation élevée d’aliments ultra-transformés et une hausse significative des risques cardiovasculaires, appelant les médecins à intégrer ce facteur dans leurs conseils nutritionnels.

Des experts en cardiologie alertent sur le rôle potentiellement aggravant des aliments ultra-transformés dans l’augmentation mondiale des maladies cardiovasculaires et de la mortalité précoce. Une revue publiée dans l’European Heart Journal rassemble des données issues de plusieurs études européennes qui analysent l’impact de ces produits sur la santé cardiaque.
Les spécialistes soulignent que la consommation importante d’aliments ultra-transformés est désormais corrélée à plusieurs facteurs de risque majeurs tels que l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies rénales chroniques, ainsi qu’à une mortalité cardiovasculaire accrue.
Conséquences des aliments ultra-transformés sur la santé cardiovasculaire
Le rapport, élaboré par le Conseil de Pratique Cardiologique de la Société Européenne de Cardiologie et l’Association Européenne de Cardiologie Préventive, avec la participation de chercheurs italiens de renom, met en lumière l’importance de reconnaître ces aliments comme un facteur de risque. Selon le professeur Luigina Guasti de l’Université d’Insubria, ces produits, composés d’ingrédients industriels et d’additifs, ont largement supplanté les régimes traditionnels.
Elle précise que ces aliments sont associés à des risques accrus d’obésité, de diabète, d’hypertension et de décès par maladie cardiaque, mais que cette connaissance n’est pas encore suffisamment intégrée dans les recommandations nutritionnelles destinées aux patients.
Principaux résultats du rapport
Les chercheurs ont identifié plusieurs conclusions majeures :
- Les adultes consommant le plus d’aliments ultra-transformés présentent jusqu’à 19 % de risque supplémentaire de maladie cardiaque, 13 % de risque plus élevé de fibrillation auriculaire, et une augmentation pouvant atteindre 65 % du risque de décès cardiovasculaire, comparativement aux consommateurs les plus faibles.
- Ces aliments favorisent également l’aggravation de l’obésité, du diabète de type 2, de l’hypertension et l’accumulation de lipides nocifs dans le sang.
- La consommation d’aliments ultra-transformés progresse en Europe, représentant 61 % de l’apport calorique aux Pays-Bas, 54 % au Royaume-Uni, contre 25 % en Espagne, 22 % au Portugal et 18 % en Italie.
- Les recommandations alimentaires nationales se concentrent encore principalement sur les nutriments, sans aborder spécifiquement le degré de transformation des aliments.
Recommandations pour la pratique médicale
Les auteurs insistent sur la nécessité d’améliorer la sensibilisation du public via un étiquetage alimentaire plus clair, des réglementations renforcées et des directives nutritionnelles actualisées. Ils encouragent également les médecins à interroger leurs patients sur leur consommation d’aliments ultra-transformés lors des bilans alimentaires, en particulier chez les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires ou à risque élevé.
Ils recommandent d’intégrer la réduction de ces aliments dans les conseils de santé, aux côtés des recommandations sur l’exercice physique, le tabac, l’alcool et les habitudes alimentaires saines, en soulignant que certains produits présentés comme « plus sains » peuvent néanmoins être ultra-transformés.
Perspectives et recherches futures
Le docteur Marialaura Bonaccio souligne la cohérence et la plausibilité biologique des liens entre aliments ultra-transformés et maladies cardiaques. Ces produits, riches en sucre, sel, graisses nocives, additifs et contaminants, peuvent provoquer inflammation, perturbations métaboliques, altérations du microbiote intestinal et surconsommation alimentaire.
Elle appelle à des essais d’intervention à long terme pour vérifier si la réduction de ces aliments améliore la santé cardiovasculaire. Il est aussi nécessaire d’étudier plus précisément les effets des additifs, composés issus du traitement et structures alimentaires sur le cœur. Les futures recherches pourraient porter sur la mise en œuvre d’interventions diététiques ciblant les aliments ultra-transformés dans la pratique clinique.
Cette décennie de recherches met en lumière les dangers d’une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et les bénéfices d’une alimentation privilégiant les aliments entiers ou peu transformés. Elle invite à dépasser une approche nutritionnelle centrée uniquement sur les nutriments pour intégrer le degré de transformation alimentaire. Même des aliments nutritifs peuvent être nocifs s’ils sont fortement transformés. Sensibiliser les professionnels de santé à ce facteur pourrait améliorer la santé des patients sans coûts ni temps supplémentaires significatifs.
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