Tech & Sciences
Samsung a conclu un accord salarial avec son syndicat, suspendant une grève massive et proposant des primes exceptionnelles, dont une pouvant atteindre 416 000 $.

Le 20 mai, Samsung Electronics a évité de justesse une crise sociale majeure en parvenant à un accord salarial provisoire avec son syndicat national, juste avant le début d’une grève de 18 jours prévue par 48 000 employés. Cette entente, confirmée par Reuters, a suspendu le mouvement de grève et provoqué une hausse de près de 8 % des actions Samsung ainsi que de l’indice KOSPI de la Corée du Sud. Le vote de ratification se tiendra du 22 au 27 mai.
Un chiffre marquant ressort de cet accord : un employé du secteur des puces mémoire, avec un salaire de base d’environ 80 millions de wons, pourrait recevoir une prime avoisinant 626 millions de wons — soit environ 416 000 dollars — cette année. Cette prime serait versée principalement en actions sur une période de dix ans, selon Investing.com. Bien que ce ne soit pas une rémunération moyenne, ce montant illustre l’ampleur des concessions proposées par Samsung.
Les termes principaux de l’accord prévoient une augmentation de 6,2 % du salaire de base ainsi qu’un fonds spécial de primes équivalent à 10,5 % des bénéfices d’exploitation de la division des puces, sans plafond de distribution, d’après CNBC. Ce fonds dépend de l’atteinte par Samsung d’un objectif de 200 000 milliards de wons de bénéfices d’exploitation entre 2026 et 2028.
La percée dans les négociations est intervenue après que Samsung a accepté de repousser d’un an une modification controversée concernant la répartition des primes de performance, qui constituait le principal motif de la menace de grève. Ce report a permis d’apaiser les tensions et d’éviter le conflit.
Samsung représente près d’un quart des exportations totales de la Corée du Sud et détient la plus grande part du marché mondial des mémoires DRAM. Une grève prolongée aurait mis en péril environ 36 % de l’approvisionnement mondial en DRAM, à un moment où les investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle stimulent une demande record en puces. JPMorgan avait estimé l’impact potentiel sur les bénéfices d’exploitation entre 14 et 20,8 milliards de dollars.
Ce nouvel accord fixe également un nouveau standard dans l’industrie. En septembre 2025, le concurrent SK Hynix avait supprimé son propre plafond de primes, avec des employés recevant jusqu’à 10 % des bénéfices. La structure sans plafond à 10,5 % de Samsung établit désormais un seuil plancher pour l’ensemble du secteur. Pour les fournisseurs américains de cloud et les entreprises d’intelligence artificielle, déjà confrontés à une offre mémoire tendue, la hausse des coûts salariaux intégrés chez les fabricants coréens pourrait se répercuter progressivement sur les prix des composants.
Le syndicat a exprimé sa confiance quant à l’issue favorable du vote de ratification. En attendant ce vote, l’accord reste provisoire. S’il est approuvé, Samsung évitera ce qui aurait pu être l’une des actions syndicales les plus perturbatrices depuis plusieurs années, à un coût qui incitera les investisseurs à suivre de près les résultats trimestriels à venir.



