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Des chercheurs du MIT et de l’université de Ferrare ont conçu un cadre théorique permettant de concevoir des états quantiques non gaussiens plus facilement discernables, selon une étude publiée le 15 juin 2026 dans Physical Review A.

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l’université de Ferrare ont élaboré une méthode mathématique pour concevoir des états quantiques non gaussiens dont la distinction est renforcée. Leur approche, décrite dans un article paru le 15 juin 2026 dans la revue *Physical Review A*, vise à surmonter une limitation fondamentale des systèmes quantiques actuels : la difficulté à différencier des états stables et mesurables.
Les technologies quantiques promettent des avancées majeures en détection, en communication, en calcul et en contrôle, mais leur mise en œuvre pratique repose sur la capacité à générer, manipuler et identifier avec précision des états quantiques. Or, les états gaussiens — largement étudiés — ne sont jamais orthogonaux entre eux, ce qui rend inévitable une certaine ambiguïté lors de leur discrimination. Cette contrainte limite la fiabilité de la récupération d’information dans les dispositifs quantiques.
La technique proposée s’appuie sur la transformation d’états lumineux en variétés algébriques, une structure issue de l’algèbre abstraite. Ce pont entre physique quantique et géométrie algébrique permet de reformuler le problème de la distinction des états sous forme d’équations polynomiales résolubles. Moe Z. Win et Peter L. Falb, du MIT, ainsi qu’Andrea Giani et Andrea Conti, de l’université de Ferrare, sont les auteurs de cette avancée.
Le travail se concentre sur les niveaux d’énergie des photons. Les chercheurs utilisent des opérations de variation photonique — soit l’ajout, soit la soustraction de photons — pour convertir des états gaussiens en états non gaussiens. Ces derniers présentent une orthogonalité accrue, ce qui facilite leur identification expérimentale tout en restant compatibles avec les technologies optiques existantes.
« Le domaine des états non gaussiens est très vaste », précise Andrea Giani, « mais nous ciblons ceux qui peuvent être réalisés avec les moyens expérimentaux actuels, car toute transition vers des applications pratiques doit tenir compte des contraintes réelles des laboratoires. » En effet, ces états modifiés par ajout ou soustraction de photons ont déjà été produits en laboratoire, ce qui accélère leur transfert potentiel vers des dispositifs fonctionnels.
Andrea Conti souligne que cette recherche comble un vide théorique : « Il manquait jusqu’ici une caractérisation rigoureuse de ces états. Notre cadre fournit cette description et ouvre la voie à une conception ciblée. » Moe Z. Win ajoute que la théorie ne laisse plus place à l’essai-erreur : « Elle donne un véritable plan directeur pour concevoir des états non gaussiens orthogonaux, pas simplement une série de tentatives empiriques. »
L’articulation entre équations algébriques et lois physiques constitue la clé de la découverte. « La connexion essentielle a été d’introduire la géométrie algébrique dans ce débat », explique Win. Peter L. Falb note que les équations décrivant l’orthogonalité se sont révélées naturellement polynomiales — et donc accessibles aux outils mathématiques adéquats.
La mise en œuvre expérimentale devrait être immédiate : les montages optiques courants peuvent intégrer directement les paramètres issus des calculs. « En principe, il suffit d’injecter ces valeurs dans l’appareillage physique », indique Giani. Conti espère que « dès la publication de l’article, les expérimentateurs commenceront à tester ces méthodes ». Pour Win, cette contribution n’est qu’un point de départ : « Nous posons désormais des questions plus générales sur la conception des signaux quantiques, afin que les solutions trouvées dépassent un seul dispositif pour s’appliquer à une large classe de systèmes. »
Référence : « Unveiling distinguishable non-Gaussian quantum states » par Andrea Giani, Moe Z. Win, Peter L. Falb et Andrea Conti, 15 juin 2026, *Physical Review A*. DOI : 10.1103/ffbg-4897



