Liban
Plus de 10 pays ont exprimé leur volonté de participer à une nouvelle mission européenne au Liban, visant à renforcer les capacités de l'armée et des forces de sécurité intérieure. La mission devrait être lancée en octobre et débuter son déploiement à la fin de 2026 ou au début de 2027.

Des sources militaires libanaises bien informées ont confirmé que les discussions en cours avec les Européens concernant la nouvelle mission se concentrent sur le renforcement des capacités de l'armée et des forces de sécurité intérieure au Liban dans plusieurs domaines.
Les sources ont déclaré à Al-Mesbar, que ces domaines incluent la surveillance frontalière, la sécurité maritime et la gestion des sites auxquels les responsabilités libanaises passeront progressivement avec la fin de la mission opérationnelle de la FINUL, tout en maintenant la présence de la force européenne proposée en dehors du cadre actuel de la force onusienne.
Cela intervient parallèlement à l'annonce faite mardi par la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kalas, selon laquelle plus de 10 pays ont manifesté leur volonté de fournir des effectifs et des ressources pour la mission, et que l'Union vise à prendre une décision de lancer la mission d'ici octobre.
Un responsable européen a indiqué que le plan vise à instaurer la mission au milieu du mois, avec un déploiement des effectifs prévu à la fin de l'année 2026 ou au début de 2027.
Selon les sources militaires libanaises, l'armée a demandé que l'aide européenne se concentre principalement sur la formation spécialisée, les systèmes de commandement et de contrôle, la surveillance côtière, la détection des mouvements transfrontaliers, ainsi que sur l'amélioration de la capacité des unités du génie à gérer les sites, les tunnels et les caches d'armes découverts lors de son extension vers le sud.
Les sources ajoutent que la vision libanaise ne prévoit pas le déploiement d'unités européennes combattantes chargées de fouiller les villages ou de désarmer directement les milices du Hezbollah, ces missions restant entre les mains de l'armée libanaise, tout en nécessitant Beyrouth d'équiper les forces de surveillance, de communication, de véhicules et de moyens d'observation permettant d'étendre l'implantation sans épuiser les unités déjà présentes au sud du Litani.
Elles soulignent également que les discussions portent aussi sur le renforcement des forces de sécurité intérieure dans les zones n'exigeant pas une présence militaire permanente, ce qui permettrait de transférer une partie des charges sécuritaires vers elles tout en maintenant l'armée centrée sur le contrôle des armes, des sites militaires et des frontières.
États prêts à participer
Un responsable européen proche des cercles de politique sécuritaire et de défense de l'Union a révélé à Al-Mesbar qu'Irlande, Autriche, Espagne, France, Italie figurent parmi les pays les plus avancés dans les discussions de participation, tandis que d'autres États sont prêts à apporter des experts ou des ressources sans déployer de grandes unités.
Dès la fin de l'année 2025, l'Irlande, l'Autriche et l'Espagne avaient proposé l'idée d'une mission européenne non exécutive visant à former l'armée libanaise et à l'aider à assurer une présence durable au sud du Litani, avec une proposition initiale d'une mission de deux ans, budgétisée entre 100 et 150 millions d'euros, complétée par un soutien en véhicules, équipements et carburant via le mécanisme européen de paix.
Le responsable précise que le travail actuel tend vers une mission intégrée comprenant un volet militaire de formation de l'armée et un volet civil de soutien aux forces de sécurité, accompagné de petites équipes spécialisées dans la sécurité maritime et frontalière, notant que la France et l'Italie étudient parallèlement des dispositions plus larges pour la phase post-FINUL, ce qui explique l'absence de décision finale sur la forme du déploiement européen pour l'instant.
Il ajoute que le plan ne suppose pas que la force européenne soit concentrée le long de la ligne bleue comme le fait actuellement la FINUL, et qu'une partie importante de la formation aura lieu dans des installations militaires libanaises situées hors du sud, avec la possibilité de disposer de groupes de liaison et de conseillers dans des centres de commandement liés au secteur sud, aux frontières et à la surveillance maritime.
Les pays européens possèdent déjà une vaste expérience au Sud du Liban, puisque la FINUL compte actuellement de grandes forces italiennes, espagnoles, françaises, irlandaises, allemandes, autrichiennes, finlandaises et polonaises, ce qui fournit à la nouvelle mission une base solide d'expertise et de coordination avec l'armée libanaise. Le contingent actuel de la FINUL s'élève à environ 7 460 éléments, dont 738 Italiens, 677 Espagnols, 609 Français et 274 Irlandais.
La mission opérationnelle de la FINUL prendra fin le 31 décembre de cette année, suivie d'une phase de retrait organisé qui durera un an, pendant laquelle la force restera responsable de la sécurité de ses agents et installations, ainsi que de la supervision du processus de retrait.



