Liban
Après la fin du mandat de la Force des Nations Unies au Liban (UNIFIL)... Quel avenir pour le maintien de la paix ?
Le centre arabe de recherche et d'études politiques à Beyrouth prévoit un transfert vers une mission européenne après la fin du mandat de l'UNIFIL en 2026, sous réserve d'un accord international et libanais sur ses pouvoirs.

Le centre arabe de recherche et d'études politiques à Beyrouth a publié « De la couverture onusienne au rôle européen : quel avenir pour le maintien de la paix au sud du Liban après la fin du mandat de l’UNIFIL ? », concluant que le scénario le plus probable pour l’existence internationale au sud du Liban après la fin du mandat de la Force des Nations Unies provisoire (UNIFIL) le 31 décembre 2026 est un passage à une mission dirigée par l’Union européenne.
Le rapport souligne que cette mission hypothétique poursuivrait les missions de stabilisation et de soutien à l’armée libanaise, à condition qu’elle soit liée à un consensus libanais et international sur la nature de son mandat et ses compétences, affirmant que la fin du mandat de l’UNIFIL ne constitue pas simplement la clôture d’une mission onusienne qui dure des décennies, mais ouvre la voie à une reconfiguration du système de sécurité au sud du Liban face à des changements régionaux et internationaux accélérés.
Évolutions du mandat onusien et résolution 2790
Le rapport note que les missions de l’UNIFIL, créées en 1978 par les résolutions 425 et 426, et élargies après la guerre de juillet 2006 par la résolution 1701 afin de surveiller l’arrêt des hostilités et de soutenir la présence de l’armée libanaise au sud du fleuve Litani, ont fait l’objet de questions fondamentales suite aux évolutions de la guerre de Gaza en 2023 et aux affrontements croissants entre Israël et le Hezbollah, ainsi qu’à la persistance de l’occupation israélienne de zones dans le sud.
Il rappelle que la résolution 2790 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en août 2025, prévoit un renouvellement final du mandat de l’UNIFIL jusqu’à la fin de l’année 2026, accompagné d’un démantèlement progressif de ses effectifs et du retrait de ses forces en concertation avec le gouvernement libanais, tout en renforçant le soutien international à l’armée libanaise et en encourageant le retrait des forces israéliennes des positions encore occupées.
Proposition européenne et positions régionales et internationales
Le rapport indique que des propositions allemandes récentes visent à créer une mission européenne pour remplacer l’UNIFIL afin d’éviter tout vide sécuritaire dans le sud, soutenues par une volonté partagée par l’Allemagne, la France et l’Italie de maintenir une présence directe sur le dossier libanais. Il aborde également la proposition franco-italienne consistant à confier à une force européenne un rôle de supervision des arrangements sécuritaires.
Le rapport met en lumière les équilibres de pouvoir et les positions divergentes concernant la nouvelle mission :
- Israël et États-Unis : Tel-Aviv exige des arrangements plus stricts pour satisfaire ses exigences sécuritaires, tandis que Washington penche pour des mécanismes plus rigoureux d’application de la résolution 1701.
- Position officielle libanaise : Le Liban insiste pour que l’armée libanaise soit la seule responsable de la sécurité au sud, et que toute présence internationale se limite à un soutien et une assistance aux institutions étatiques dans le cadre de la résolution 1701, sans les remplacer ni les supplanter.
- Position du Hezbollah : Le rapport estime que le parti refusera toute force visant à désarmer ses milices ou imposer des arrangements ciblant directement ses intérêts, bien qu’il puisse adopter une attitude positive envers une mission axée sur la consolidation de l’arrêt des hostilités, le soutien à l’État et la réduction de l’escalade, à condition qu’elle ne devienne pas un outil de pression militaire ou politique.
Défis juridiques et sécuritaires
Le rapport souligne que le passage de la couverture onusienne à l’encadrement européen rencontre plusieurs obstacles, notamment :
1. Assurer la légitimité internationale et définir précisément le mandat.
2. Garantir une coordination complète avec l’armée libanaise et éviter toute duplication des rôles.
3. Prévenir les divisions internes au Liban et les influences extérieures.
Le centre met en garde contre toute extension des pouvoirs de la nouvelle force, qui pourrait augmenter les risques de sa transformation en acteur direct du conflit, soulignant que le succès de la mission dépendra davantage du consentement libanais et international que des capacités militaires.
Les trois scénarios possibles pour la prochaine étape
Le rapport présente trois scénarios qui dessinent les contours du sud du Liban après 2026 :
- Scénario premier (le plus probable) : Passage à une mission européenne chargée de surveiller l’arrêt des hostilités, de soutenir l’armée libanaise et de contribuer à l’exécution de la résolution 1701.
- Scénario deuxième : Fin de la mission de l’UNIFIL sans alternative internationale ou européenne, augmentant les risques d’escalade et la vulnérabilité du contexte sécuritaire sur le terrain.
- Scénario troisième (le plus sensible) : Accorder à la force européenne des pouvoirs étendus et directs sur le dossier des armes du Hezbollah, une option confrontée à des objections internes vives et à un risque élevé de résistance.
Dernières actualités

Explosion massive menée par l’armée israélienne à Taybeh

Météo des départs à Beyrouth : trois heures d’avance exigées

Détails du transfert de Riad Salameh à l'hôpital : entre état de santé et mesures judiciaires


