Liban
Les hauteurs d'Ali al-Taher, près de Nabatiyeh au sud du Liban, sont devenues un théâtre dangereux pour une confrontation entre l'armée israélienne et Hezbollah. Des sources sécuritaires libanaises révèlent pour la première fois des détails techniques sur cette opération clandestine.

Les hauteurs d'Ali al-Taher à Nabatiyeh, au sud du Liban, sont devenues un théâtre extrêmement dangereux pour la confrontation entre l’armée israélienne et Hezbollah, au milieu d’un voile militaire autour d’opérations israéliennes secrètes dans un complexe fortement blindé sous terre.
Parallèlement, des sources sécuritaires et terrain libanaises révèlent pour la première fois des secrets techniques et militaires concernant la nature de cette percée.
Les sources affirment, dans une déclaration à Al-Araby, que ce que réalisent les forces spéciales israéliennes, notamment les unités d’ingénierie Yihalom pour les opérations spéciales et les unités d’élite Sayeret Matkal, sur la colline d’Ali al-Taher, dépasse le tactique classique consistant en bombardements ou en tentatives de pénétration humaine directe.
Elles indiquent que l’opération israélienne repose sur la surveillance de toutes les ouvertures de ventilation et des entrées d’urgence du complexe s’étendant sur des dizaines de mètres sous terre, à l’aide de drones thermiques miniatures.
Au lieu de dynamiter entièrement les tunnels, ce que Tel Aviv redoute par crainte de perdre le trésor d’informations, les documents et les serveurs de communication stockés à l’intérieur, les unités israéliennes injectent des produits chimiques incendiaires et des gaz lourds non mortels mais étouffants, afin d’extraire progressivement l’oxygène des salles souterraines étendues.
Ce tactique, selon les sources libanaises, vise à forcer les éléments de Hezbollah et les officiers de liaison du Corps des Gardiens de la Révolution iranien à sortir des passages spécifiques identifiés et préalablement piégés, permettant ainsi à l’armée israélienne de les capturer ou de les suivre via leurs empreintes thermiques après leur sortie.
Des rapports israéliens ont précédemment évoqué la sortie de plusieurs personnes bloquées dans les tunnels de la colline d’Ali al-Taher, où Tel Aviv cherche à utiliser ces fuyards comme repères pour détruire le réseau de soutien logistique du Hezbollah dans les zones de Kfar Raman et Nabatiyeh al-Fawqa.
Les sources libanaises précisent que le complexe ciblé sur la colline d’Ali al-Taher a été conçu techniquement depuis des années pour être autonome, disposant de systèmes avancés de recyclage de l’oxygène, de puits d’eau souterraine, et de générateurs silencieux fonctionnant au biocarburant sous terre, rendant ainsi le tactique d’étranglement israélien inefficace aussi rapidement que le prévoit le côté israélien.
Sur le plan politique, les sources affirment que le côté américain tente, par des canaux diplomatiques, de faire imposer une formule qui déclarerait la colline d’Ali al-Taher une zone expérimentale désarmée soumise à la supervision de l’armée libanaise et des forces de la UNIFIL.
Dans ce sens, la direction du Hezbollah a informé les autorités libanaises officielles de son refus absolu de cette formule, estimant que remettre la colline aux flammes signifierait révéler la faille de Nabatiyeh, abattre la forteresse de Chqif militairement, et laisser la région du doigt de Galilée totalement hors de toute capacité de dissuasion.



