Liban
Le désarmement du Hezbollah est une condition sine qua non pour la reconstruction du Liban, tandis que la conférence internationale reste suspendue en raison de la guerre et de l'instabilité.

Un responsable proche du gouvernement libanais a indiqué que l’appel du président Joseph Aoun à organiser une conférence pour la reconstruction semble irréalisable à court terme, en raison de la poursuite du conflit, de la complexité des situations politique et sécuritaire, ainsi que de l’absence des conditions nécessaires au retour des déplacés et à la relance économique stable.
Ce même interlocuteur, qui a souhaité garder l’anonymat, a précisé à "Iram News" que, selon les informations circulant dans les cercles gouvernementaux, le dossier de la reconstruction reste suspendu jusqu’à ce que la trajectoire d’un règlement politique et sécuritaire soit clarifiée. Il a souligné que toute avancée dépendra de la capacité de l’État libanais à étendre son autorité dans le Sud et à déployer l’armée libanaise dans les zones que le Hezbollah devrait quitter.
Le responsable a affirmé qu’« il n’y aura ni libération totale du territoire, ni retour sécurisé des déplacés, ni reconstruction, ni redressement économique tant que l’arsenal du Hezbollah restera hors du cadre étatique et légal ». Il a estimé que ce dossier est désormais indissociable des conditions de stabilité interne et des garanties exigées au plan régional et international.
Il a ajouté qu’aucune conférence internationale sur la reconstruction ne produira d’effets concrets avant l’arrêt des hostilités et la mise en place d’un dispositif sécuritaire clair. Il a rappelé que l’armée israélienne ne se retirera pas des zones occupées sans la garantie du désarmement ou du retrait du Hezbollah des zones frontalières, remplacé par l’armée libanaise.
Selon ce responsable, l’accord américano-iranien demeure en phase d’expérimentation, avec une période d’essai pouvant durer soixante jours, ce qui impose au Liban une période d’attente supplémentaire avant que les répercussions de ce processus sur le front sud et sur la reconstruction ne deviennent perceptibles.
Il a également souligné que plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés ont été enregistrés au Liban à cause des frappes israéliennes, ainsi que des destructions importantes dans les villages et localités frontalières. Toutefois, transformer cette tragédie en un véritable chantier de reconstruction nécessite une décision claire sur les plans politique et sécuritaire, et non des appels symboliques ou des vœux pieux.
Enfin, il a indiqué que la conférence de soutien à l’armée libanaise, qui constitue une priorité dans la situation actuelle, demeure elle aussi en suspens. Sa tenue ne sera possible qu’après un accord sur des zones de déploiement expérimentales pour l’armée, le retrait du Hezbollah de ces zones, et la remise ou l’élimination de son armement dans le paysage sécuritaire du Sud.
Sara Issa - "Iram News"
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