Liban
Le Liban demande une prolongation de la force ONUSIDE, rejet par l'ONU pour affaiblir la résolution 1701
Le Liban a demandé une prolongation temporaire du mandat de la force onusienne « ONUSIDE », tandis que le Conseil de sécurité a rejeté toute tentative israélienne d'affaiblir la résolution 1701. L'administration Trump préfère un rôle onusien soutenant l'accord tripartite entre États-Unis, Liban et Israël.

Les membres du Conseil de sécurité ont rejeté, lors d'une séance fermée, les tentatives israéliennes visant à affaiblir ou à annuler la résolution 1701, alors qu'un débat sérieux s'est tenu sur les demandes libanaises de prolonger le mandat de la force provisoire des Nations Unies au Liban, « ONUSIDE », même de manière brève, tout en reflétant clairement la volonté de l'administration du président américain Donald Trump d'assurer un « rôle onusien de soutien » au cadre tripartite entre États-Unis, Liban et Israël.
Conformément à la résolution 2790 adoptée par le Conseil de sécurité cet été, le mandat actuel d'ONUSIDE prendra fin le 31 décembre prochain, qui prévoit également la transmission par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, d'un rapport contenant des « options alternatives » pour la mission afin de poursuivre l'exécution de toutes les dispositions de la résolution 1701.
Selon des sources diplomatiques bien informées citées par Al-Sharq Al-Awsat, les membres du Conseil, réunis à la demande de la France, ont examiné les moyens d'appliquer la résolution 1701 en tant qu'« cadre de référence régissant les relations entre le Liban et Israël », ainsi que le rapport envoyé par Guterres au Conseil de sécurité en juin dernier.
Les propositions de Guterres incluent la création d'une force de surveillance renforcée composée de milliers de personnes pour assumer les fonctions post-ONUSIDE, selon « trois options ». La première prévoit « la présence de surveillants militaires non armés des Nations Unies, comprenant 350 effectifs permanents, ainsi qu'une force armée des Nations Unies chargée de protéger la force, incluant quatre bataillons d'infanterie de 750 soldats armés chacun, et une réserve de 700 soldats armés ».
L'option deux prévoit la présence de surveillants militaires non armés des Nations Unies, comprenant 285 effectifs permanents, ainsi qu'une force armée des Nations Unies chargée de protéger les forces, incluant deux bataillons d'infanterie de 750 soldats armés chacun, et une réserve de 450 soldats armés.
L'option trois exige « la présence de surveillants militaires non armés des Nations Unies comptant 215 personnes, ainsi que deux bataillons d'infanterie légère de 450 soldats armés chacun, et une force de réaction rapide de 350 soldats armés chargée de protéger les forces ».
L'option libanaise
Alors que le gouvernement libanais semble privilégier l'option un, un diplomate interrogé par Al-Sharq Al-Awsat souligne « les évolutions survenues après l'intervention désastreuse du Hezbollah dans la guerre américaine-israélienne contre l'Iran », estimant que « les initiatives menées depuis 2024, notamment l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre de cette année-là », ainsi que l'accord cadre tripartite entre le Liban, Israël et les États-Unis, constituent désormais un moyen d'appliquer la résolution 1701, qui stipule clairement la préservation des frontières internationales du Liban, ainsi que la disposition huitième, qui exige le désarmement des groupes armés, y compris bien sûr le Hezbollah.
Face à l'absence d'engagement d'Israël à appliquer intégralement les dispositions de la résolution 1701, se concentrant uniquement sur l'accord cadre tripartite, la diplomatie libanaise a intensifié ses efforts, s'appuyant sur des positions publiques et d'autres discrètes, notamment celles du Président de la République Joseph Aoun et du Premier ministre Nouaf Salam, pour mener « des consultations approfondies depuis plusieurs mois avec les pays concernés par le dossier libanais, en particulier les membres du Conseil de sécurité, notamment les cinq puissances permanentes, afin de faire connaître et clarifier la position libanaise avant la réunion du Conseil de sécurité ».
Le rôle onusien
Les représentants des pays membres ont manifesté une compréhension de la demande formulée par le Liban il y a quelques semaines pour une prolongation d'ONUSIDE, a indiqué un diplomate à Al-Sharq Al-Awsat. Il a ajouté que les actions américaines se concentrent sur « la préservation d'un rôle onusien de soutien à l'accord cadre tripartite » conclu par les négociateurs libanais, israéliens et américains, sans répondre clairement aux demandes israéliennes de « ne prêter aucune attention à la résolution 1701 ».
Des diplomates ont également souligné lors de la séance que « les données ont considérablement changé depuis la crise provoquée par l'intervention du Hezbollah dans la guerre ». Tous les membres du Conseil de sécurité, y compris les États-Unis, ont insisté sur « la nécessité de maintenir le rôle onusien », tout en affirmant que « le processus de négociations piloté par les États-Unis entre le Liban et Israël doit être complémentaire au processus multilatéral incarné par le Conseil de sécurité et les Nations Unies ».
L'administration du président américain Donald Trump a exprimé sa position selon laquelle elle « n'approuve pas la prolongation » d'ONUSIDE, précisant que « tout nouvel engagement international doit être étroitement lié aux objectifs concrets du cadre tripartite ». Toutefois, elle a montré sa disponibilité à discuter de « dispositions soutenant le désarmement du Hezbollah ».
Un responsable américain a déclaré : « Le pays a connu sept cycles de conflit pendant la période d'ONUSIDE, et le Hezbollah a construit une infrastructure militaire massive autour de ses positions, exploitant parfois la proximité des forces de maintien de la paix des Nations Unies pour protéger son infrastructure ou ses opérations. Nous ne sommes pas intéressés à remplacer une mission inefficace et sans date de fin par une autre. »
Source : Al-Sharq Al-Awsat - Ali Barda
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